La Voie de l'Hirondelle

Protection de la nature et transmission d'une expérience.

LE PACTE DES HIRONDELLES

Bonjour !
Nous, les Hirondelles de Cheminée, nous dédions ces lignes à Françoise Gérardin, une amie des oiseaux.
Nous ne l’avons pas connue personnellement mais nous l’aimons, bien qu’elle se soit intéressée à des rapaces, qui sont nos prédateurs (le circaète Jean Le Blanc).
Mais le plus grand malfaiteur de la Nature étant l’homme, le rapace nous fait moins peur que la pollution.
Nous vivons depuis 15 ans sur un refuge de trois hectares, qui est le siège de la future association « La Voie de l’Hirondelle », à Roumazières, en Charente.
Nous y avons lentement, année après année, édifié 28 nids, les premiers sur des bases toutes faites qu’Anny nous avait préparées.
Nous avons posé des générations de petites pattes affairées sur les faux fils électriques ou les poutres, et transporté de la boue à partir du chemin des chevaux.
Nous l’avons vue rire et pleurer, nous l’avons vu caresser les chevaux, nous avons vu tomber malade le grand poney blond.
Des enfants nous ont admiré et ont poussé des oh et de ah devant nos mines maternelles et paternelles quand nous avons nourri des centaines de petits gésiers affamés :
Nos enfants.
Beaucoup d’entre eux sont morts dans le long voyage vers l’Afrique, certains ont été emportés dans les tempêtes, ou les vents de sable. Plusieurs se sont noyés dans la mer ;
les faucons en ont tué pour nourrir leurs propres couvées.
Mais nous sommes toujours revenues fidèles au poste.
Nous aimons le petit bout de femme qui se démène pour nous.
Et elle nous le rend bien.
Nous avons signé avec elle et tous ses amis le Pacte des Hirondelles.
Elle espère que nous survivrons au changement climatique annoncé, au manque de boue (elle nous en fournit elle-même), à la destruction illégale de nos nids.
Aux grands changements qui s’amorcent par la faute des hommes.
Elle et d’autres se battent pour que nous restions les reines du ciel, les maîtres des vents, les princes et les princesses des nuages !!!
Elle a du mal, car tenir un tel refuge pour nous, les autres animaux sauvages qui veulent bien venir (hérissons, insectes, grenouilles, chauves-souris, putois, couleuvres, passereaux innombrables, corneilles et salamandres….) lui coûte cher depuis toutes ces années.
Alors elle espère que l’association va l’aider à nous sauver, nous faire connaître, aimer et respecter.
Elle l’espère. Et nous aussi. Nous avons besoin de toutes les bonnes volontés pour survivre.
Vous dîtes « le Printemps des Hirondelles », souvent. Si vous voulez qu’il y ait d’autres saisons merveilleuses pleines de nos rémiges et de nos gazouillis et trilles, il vous faut apprendre à chanter avec nous. A vivre avec nous.
Les enfants vont venir nous voir de plus en plus et eux portent l’avenir de la Terre que nous partageons avec Homo sapiens depuis le temps des cavernes.
Aidez-nous, aidez les espèces en danger par votre faute.
Par n’importe quelle manière, ceci est un appel à votre espoir.
L’espoir fait vivre.
Pourquoi avons-nous appelé cette association à venir « la Voie de l’Hirondelle » ?
Parce que nous sommes passées maîtres dans l’art de la haute volée, du contrôle des courants aériens, des arabesques céruléennes.
Parce que nous aimons la vie à en mourir d’amour, nous, les Hirondelles, vos amies de toujours, de toujours.
Rappelez-vous que vos ancêtres nous ouvraient leurs portes, tandis que les modernes nous les ferment volontiers.
Rappelez- vous la voix de vos ancêtres, et nous vous ouvrirons alors la Voie de l’hirondelle !
 
C’est ce chemin périlleux et semé d’embûches qui mène au nirvana des ailes et des plumes, de la légéreté faite oiseau, faite homme.
C’est ce bonheur pétillant de volter sur les problèmes liés à toute vie pour monter au sommet des vagues des brises et des tempêtes.
C’est le cri de joie de nos mâles fous d’ivresse qui appellent  la colonie, et font monter les jeunes à peine envolés vers les nuages infinis.
C’est le cri de salut de nos mères qui préviennent nos enfants qu’un danger menace et qui s’unissent contre le chat ou le faucon afin de les sauver,
avec l’aide de toutes les autres.
C’est cette fluide clameur venue du fond des âges qui nous montre le chemin de l’ultime respect de l’amour de la vraie Vie.
V comme les formations de certains migrateurs, eux aussi évolués depuis les grands dinosaures qui nous ont précédés dans la Voie.
V comme victoire
Victoire si vous aussi, humains, le voulez….
C’est cette Voie aérienne, ce pont vers l’absolu, qui ne juge pas en bien en mal en ceci en cela mais qui Est de toute éternité à jamais
A jamais dissout absout dans le tumulte des galaxies.
Nous sommes la vie , nous somme l’éther, nous sommes aussi votre salut et celui de vos enfants.
Votre terre est notre terre aussi. Votre ciel est notre ciel aussi, pensez y  : les lendemains ne chanteront pas sans nous pour vos suivants, vos petits de votre chair.
Pensez à vos petits, amis humains, cette Association est aussi pour eux : les enfants.
Vos enfants, nos enfants, unis dans la même ronde des temps qui passent, des saisons qui se font et se défont : la Vie, le V, la Valeur vraie des belles choses du monde.
La Voie est comme le Tao des anciens, droite, souple, sage. Nous sommes sages, nous prenons la vie comme elle vient, nous partons comme nous sommes venues,
Sans un râle, dans le même grand courage silencieux qui a brisé l’oeuf.
Nous savons le magnétisme de la Terre nourricière ; nous savons le respect des ancêtres ; les combats des anges.
Nous savons tout avant que d’éclore : nous sommes les fiers destriers des souffles célestes.
Ecoutez nous, écoutez nous et regardez nos envolées libres, sauvages et fières et prenez-en de la graine, vous qui gémissez sur votre sort et vous appropriez la terre entière.
Traverseriez-vous le Sahara et la Méditerranée de vos propres ressources naturelles sans gémir un peu ?
Ne vous révolteriez-vous pas contre la grande fatigue des migrations qui peuvent nous tuer ?
Nous migrons depuis la nuit des temps sans faillir, fonçant du haut de nos 20 grammes dans toute la folie des vents et des pluies battantes
Heurtant les bateaux qui parfois nous recueillent et nous reposent… Merci alors !
Nous migrons pour survivre nous vivons en chantant et nous mourrons dans la dignité pour laisser la place juste au suivant.
Ou est alors votre grand règne d’hommes face à nos exploits de plumes et de becs ?
Nous sommes quelque part vos professeurs de sagesse, de savoir être et de savoir mourir.
Aimez-nous comme cela, dans le plus grand respect.
Et cessez de vous croire supérieurs du haut de votre regard hautain de peuple premier.
Moi l’Hirondelle maîtresse de 20 grammes, je pèse le monde dans le creux de mon jabot
Je heurte le ciel dans le repli de mes pattes et mes longs filets de noble queue ornent le giron de vos régions.
Je trille la joie de vivre sereine, les mots du vent, et les arbres amicaux qui nous portent.
Protégez-nous, nous savons la sagesse des anciens, le murmure de la grande philosophie du vivant, le yin et le yang mêlés dans les flots des espoirs fous.
Protégez-nous, au nom de vos enfants à venir, innocents comme les nôtres.
Au nom des bourgeons qui signent notre retour immémorial.
Au nom de la grandeur des âmes éprises de vie naturelle et pure.
Aimez-nous comme nous avons su vous aimer pour nicher dans vos granges et vos recoins,
Fidèles et sympathiques, symboles à jamais du pacte scellé entre deux espèces, deux frontières,
unis, loyaux et sincères.
Au nom de la grande Unité du Vivant, aimez-nous encore, ou au moins, respectez nos enfants qui demandent tant de travail
et nos nids qui ont consommé des milliers d’allées et venues de notre part.
Soyez, amis Humains, dont le nom aussi commence par un H, par une aspiration, dignes de nous :
Signez le PACTE DE L’HIRONDELLE et nous vous parlerons du grand secret de la terre et du ciel.
AVEC RESPECT.
 
Plume L’hirondelle rustique  et LE SYMBOLE
 
 
 
 

Une réponse à “LE PACTE DES HIRONDELLES

  1. LAMOINE 24 juillet 2012 à 17:11

    Je suis catastrophé – habitant près de la Touvre à Ruelle , je ne vois plus aucune hirondelle !
    je suis allé chez ma mère dans la Creuse où se trouve deux nids occupés -( maison qui a 50 ans )
    par contre la semaine dernière de nombreux nids vus lors d’un ballade à Sancerre ( cher ) et
    Avallon ( Yonne ) – est ce parce que ce sont des pays d’élevage ?

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