La Voie de l'Hirondelle

Protection de la nature et transmission d'une expérience.

Archives Mensuelles: juin 2012

anthropomorphisme et questions

« Tendance à attribuer aux animaux des sentiments humains ».

J’en conclus : on a le droit d’imiter les bêêêêtes dans l’organique : par exemple, on prend modèle sur l’iridescence des papillons pour nos lampes halogènes ou autres, sur le fil d’araignée pour la solidité de certaines attaches, sur les ailes des oiseaux pour…. etc etc….

Mais Mais Mais on n’a pas le droit, sinon on est décalés en regard de la société, de dire qu’une éphémére (2500 espèces tout de même !!!! Ce n’est pas rien !) a la trouille quand elle va se faire bouffer par une hirondelle.(elle ne vit que quelques heures adulte et doit donc en profiter à 100 %) . Nan! L’éphémére a tout sauf la trouille. Ni qu’elle est amoureuse. Une fourmi qui rencontre une copine et la salue à coups de phéromones joyeuses n’est donc pas contente. Elle n’éprouve donc rien. Alors, moi, je me demande pourquoi la nature a créé des tas de glandes compliquées et des tas de molécules. L’adrénaline ne donne t’elle pas un élan vital, n’entraîne t’elle pas une pulsion psychique qui accompagne la pulsion physique ?

Ou commence le physique et où commence le psychique ? C’est une profane qui s’ interroge.

????? Je cite : « Au sein des primates non humains, les grands singes anthropoïdes manifestent une compréhension du contenu informationnel du regard plus avancée que les primates non anthropoïdes ». Juste comme ça, pour amener à poser des questions…. (« Autour de l’éthologie et de la cognition animale » direction de Fabienne Delfour et Michel Jean Dubois)…

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Plouf ! La pensée.

 

 

Image« Le courage du chien : il regarde ce qui surgit devant lui, sans se demander si les choses auraient pu se passer autrement. Je pense à ces efforts de l’homme pour dénier toute conscience aux animaux ».

« Que savons-nous des pensées de l’ours ? ».

Ces deux citations sont extraites de « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson.

De même que « Plouf, la pensée », pour nous signifier que Schopenhauer et Heidegger parlaient du vivant avec des certitudes mais que personne ne sait ce que pense un moucheron. Souvent, en sortant un petiot minuscule d’un abreuvoir mortel, j’ai vu l’insecte se remettre doucement, se frotter les antennes, les élytres avec tendresse, tout ému de se retrouver intact dans son petit corps chitineux. Sauver un chien ou sauver une mouchette, quelle différence à mes yeux à présent ? N’ont-t’ils pas tous deux émotion et réflexion quand il s’agit de sauver leur peau ou leur carapace ?

Oui, Sylvain, nous ne savons pas les pensées de l’ours. Nous massacrons sans vergogne, sans cesse, des êtres dits inférieurs au nom d’une morale qui arrange bien notre porte-monnaie et notre ego.

« Mais qu’en sais-tu Arthur, d’où tiens-tu ta science en la matière, de quelle conversation avec quel oiseau t’es-tu pénétré pour avancer pareille certitude ?  » ajoute en substance l’écrivain ermite.

J’aimerais, oh oui j’aimerais, qu’un immense courant d ‘énergie ondule dans les sphères de nos psychismes, proclamant : « Nous sommes tous liés, remettons nos certitudes, nos théories en cause, revisitons notre monde et regardons-le avec des yeux neufs et en accord avec l’entité Nature, comme dit mon ami Loulou.

Pierre Auguste Renoir : « Vous arrivez devant la nature avec des théories, la nature flanque tout par terre ». Oh ! Que oui !!! Vivent les Albert Schweitzer qui ne voulaient pas tuer le moustique, que s’ils y étaient vraiment contraints et tristes de le faire.

Chez moi, il y a un nid de frelons français non loin. J’ai toujours cohabité pacifiquement avec ce peuple rayé brillant. Je me demande combien de temps va pouvoir durer cette relation paisible, jusqu’à quand pourront-t’ils défier les hommes : un jour, quelqu’un voudra les détruire, et moi, je repousserai ce jour le plus possible, les défendant bec et ongles. Personne ne sait qu’ils sont là, on en voit de temps à autre, bien sûr, mais on ne sait pas d’où ils viennent exactement. Moi, je le sais depuis longtemps.

Ils sont beaux, ces frelons mal aimés, de même que la petite fleur des champs dont je ne sais pas le nom mais qui est butinée par les abeilles. On va se plaindre qu’il n’y en a presque plus, et on n’arrête pas de leur couper la nourriture sous les antennes.

Tu comprends ? Mouarf, émet Wooky, le chien, sous la table. Lui, son absolu, c’est le jeu. Le jeu !!!

C’est un philosophe  sage, ce colley au long long nez, si long qu’on n’arrive pas à voir les deux yeux en même temps quand on le regarde du côté de la truffe, face à face. Hiiiii

12000 espèces menacées dans le monde

Un mammifère sur quatre est en danger de disparition. Le rhinocéros est poursuivi pour sa corne et ses soi-disant vertus aphrodisiaques. Il est en réel danger.

N’achetons pas de produits en ivoire d’éléphant. Pas d’article en fourrure,(tigre, léopard, ou jaguar… ou chien ou chat).

Pas de bijou en écaille de tortue marine, peigne ou monture de lunettes.

Pas de sacs à main en peau de reptile, bracelets de montre ou ceintures.

Pas de bijou en corail. Pas de châle en shahtoosh, issu de poil d’antilope du Tibet, menacée.

Nous sommes des consommateurs, nous sommes responsabilisés Le trafic d’espèces menacées est juteux, ne l’alimentons pas. .Merci pour ces martyrs.

Je prends une claque

petits bouts de sérénité

Hier, j’ai écrit cet article sur la couleuvre et la protection de la biodiversité.

Je voudrais tant arriver à dire les choses comme je les sens, mais je n’ai pas le talent d’un Sylvain Tesson, dont la philosophie est si proche de la mienne. Je vais faire de mon mieux.

Hier, donc, j’ai voulu donner un antibiotique à la petite Edelweiss, perruche ondulée, malade. Cela avait réussi sur deux autres, atteintes du même problème. Edelweiss est morte d’une crise cardiaque dans ma main presque de suite.

Hier, j’écrivais un article sur la protection animale, essayer de ne pas nuire.

Loupé, j’ai nui : j’aurais mieux fait de la laisser mourir en son temps, tranquille, vraiment. J’en tire leçon. Cela est exprimé en peu de mots et pourtant, j’ai beaucoup pleuré. Alors, aujourd’hui, je me suis dit que j’aimerais bien avoir un guide sur cette terre, moi qui n’ai plus de religion, ni de spiritualité, mais qui crois tout de même à la Vie. Pour les heures dites noires (on se demande pourquoi le noir porterait malheur, mais bon, il faut bien employer un mot pour me faire comprendre un peu ; les mots sont si subjectifs).

Aujourd’hui, en regardant le nid des 4 petiots, je me suis aperçue (je suis une bonne observatrice à présent) que la maman hirondelle a une patte inutilisable, elle ne tient que sur l’autre, donc elle est fragilisée. (On a 13 nids occupés au 19 juin 2012).

Alors j’ai trouvé mon « modèle »  (puisque, en tant qu’humaine devenue plus humble, j’ai compris combien je suis faillible dans mon éthique) : la maman courageuse qui nourrit sans relâche et sans se poser de questions. Ca a fait tilt ! Pof !

Les animaux et les arbres pensent, ont des états d’âme, mais pas comme nous. Le mot « primitif » leur conviendrait s’il n’était pas aussi galvaudé, bien à tort, chez notre espèce. (Singe décadent selon moi, mais ça n’engage que moi !)

J’ai trouvé, j’ai trouvé ma philosophie : c’est comme un taoïsme naturel, une manière d’être et de penser assez neutre, sereine envers et contre tout. (Ah, cette manie qu’ont les humains de dire « J’ai trouvé »…!) On se bat, on vit, on meurt, on continue le chemin. On n’y met pas une dose d’émotivité (qui est la négation de l’émotion, toujours selon moi). Ni d’intellectualisme comme le fait l’homme (l’humain). Ce n’est donc plus une philosophie, mot trop humain, ni une éthique, ni moins un taoïsme. C’est un état d’être pur qu’ont seuls les animaux, les plantes et les cailloux. C’est ainsi un grand accord avec le mouvement des vagues énergétiques de la nature universelle.

Ouille, voilà que je m’égare de nouveau. Comment toucher à Cela que je veux présenter sans redevenir trop humaine ????? Bref, cette mère hirondelle qui se bat sans se battre pour nourrir ses mouflets avec son mari, représente totalement ce que je voudrais être : une pensée sans pensée, une philosophie sans philosophie, ou prise au sens de « sérénité », synonyme de ce mot (faire avec ce qui est).

La plus belle façon d’aimer les animaux et de le prouver serait donc (? socratique) de les imiter. Ainsi, en osmose avec la grande nature impitoyable, ni bonne, ni mauvaise, on tiendrait notre juste place dans l’univers, respectant les autres espèces qu’on ne voudrait pas toutes dominer à tout prix. (Ah, cette envie de toujours tout expliquer !!!)

Oui, je trouve que c’est une très jolie « philosophie naturelle », une sérénité à gagner et à acquérir, qui permet de vivre harmonieusement et dans la « béatitude » instinctive, tout en luttant sans cesse pour survivre, ce qui est aussi dans l’ordre des choses : Ne pas se prendre au sérieux : nous ne sommes que des primates parmi d’autres : vaut – t’on mieux que la paramécie, et en vertu de quel critère ???? (« Parce que je le vaux bien », dit la pub ; « parce que je ne vaux rien », dit le chien vivisecté)

Pardonnez-moi à l’avance si c’est mal dit, j’essaie de toucher au plus près de ce que je ressens, pour exprimer mon admiration pour cette hirondelle unipattiste qui faisait son job de maman avec une sérénité que lui envieraient bien des humains. Eux qui se plaignent pour un oui ou pour un non…

« Les bestiaires deviendraient nos livres de conduite. L’éthologie serait promue science morale » (Dans les forêts de Sibérie, S. Tesson, mon livre de chevet).

Faut-t’il être drôlement gonflée pour dire : « un de mes modèles de vie, c’est une hirondelle à une patte » ?

Ou bien, « mon » chien est mon prof. » ???

? Hein ?????

 

Aphorisme : « Quand j’enterre un animal aimé (pourquoi enterrer d’ailleurs ? Ca remonte à Néanderthal…), ne pas couper un ver de terre en deux ».
Citation : « l’amour perdu des animaux n’est-il pas le signe avant-coureur de la perte fatale de l’amour des hommes ? »(Soljénitsyne: Le pavillon des cancéreux »)

Le grand regard des enfants

Je regarde le monde comme il est beau ! Les graminées et les herbes folles ne sont plus des mauvaises herbes, mais des réservoirs de biodiversité. Les crapauds s’appellent Jojo chez nous. Ils sont utiles au jardin.
On a des orties (pour que les paons du jour reviennent), des trous dans les vieux murs de pierre, des tas de tuiles où règnent des petits êtres mystérieux.
Vers la mi juin, 5 bébés hirondelles sont sortis du nid, nourris en rang d’oignon sur une poutre par papa et maman. D’autres suivent. A Roumazières, quelques martinets signalent encore qu’ils ne sont pas disparus. Tout cela est grand et beau, il ne faut pas craindre la saleté qu’ils font : ce monde antibactérien, antiinsectes, anti tout, nous rendra faibles. Nietzsche ne sera pas content…
On n’a qu’à mettre des planchettes sous les nids l’hiver…
Et là, en plus, au 16 juin, on a une belle couleuvre d’Esculape qui partage le bassin avec les poissons rouges qu’on a sauvés de la sécheresse de mars et les grenouilles.
Elle bronze sa langueur grise et fuit au moindre mouvement. J’aime caresser la peau propre des serpents si je le peux.
Mes yeux se sont décillés : j’aime ce qu’on trouve laid et stupide, inutile et vain : mon monde est devenu plus subtil et plus profond vers la Nature reine.
Avant, je n’étais pas comme cela. Tout a vraiment commencé quand je suis devenue végétarienne, je n’arrivais plus à voir la nature en tant que petit prédateur humain. Je me suis mise en osmose avec elle, si violente parfois, si douce parfois, toujours authentique, et qui se moque bien de mes pensées…
« Détruire tout ce qui nous dérange ou nous effraie, c’est à la longue se donner sa propre mort », ai-je lu sur un site de Michel Aymerich, qui aime les serpents.
Les reptiles, tous les reptiles et les amphibiens sont protégés depuis 1976 ; ils sont utiles à la vie : serait-ce la sainte Bible qui nous dit encore, au siècle de la protection de la biodiversité, que le serpent est maudit de Dieu ??? Et de quel Dieu d’abord ? Un dieu d’amour et de paix ou un dieu qui divise et fractionne, hierarchise ??? Les mal aimés participent à la régulation des rongeurs, ils ont leur place dans le monde, comme tout animal. Maintenant, je le sais !
Qu’elle est belle, cette longue bête fluide comme l’eau, qui se coule doucement dans le bassin ou se dore au soleil de juin. On dirait une liane ondulante, une danseuse de rayon de lumière : elle brille.
Je tue de moins en moins la vie, c’est son travail : vivre. Merci pour mes amis les serpents.
Je ne peux plus arracher une herbe sans réfléchir un peu : un jour un petit insecte au ras du sol calculait vraiment son angle de saut : il voulait aller sur une feuille plus haut que lui. Je le voyais pencher la tête de tous les côtés, vraiment, il « calculait » sa future trajectoire.
Depuis ce jour aussi, grâce à cette petite « puce », j’ai mûri ma réflexion d’empathie. Je ne dis pas que je ne tue pas des fois, mais tant que je peux, j’évite. Je ne suis qu’un super prédateur qui pense un peu plus qu’avant, après tout !!!
Maintenant, ma gratitude se déploie :
« Merci pour les petits insectes aux yeux curieux de tout et grand’ouverts sur l’univers multidimensionnel ».
Fi de la différence : « Tenir en considération les insectes procure la joie. (…) Pénétrer dans la géographie de l’insecte, c’est donner enfin aux herbes la dimension d’un monde ».(Sylvain Tesson : « Dans les forêts de Sibérie »)
Aimer, respecter, se taire, partager, honorer : autant de valeurs oubliées. Au moins, « Gratitudes envers les plantes et les animaux qui sacrifient leur vie pour nous » nous signifiait le fondateur de l’Aïkido : Morihei Ueshiba.
Au moins, essayer de ne pas trop nuire, n’est-ce pas, les animaux humains….
Simplement, tout simplement, essayer de ne pas trop nuire, le moins possible…
Du grand art !!!
Comment penseront les petits enfants de demain ? Verront t’ils mon amie la couleuvre-liane comme un être infect, ou comme une création évoluée de la vie ?
Sauront-t’ils se mettre à la place de cette vie ondulante, qui regarde d’en-bas notre gigantesque taille et en a peur ; sauront-t’ils demander : « Maman, est ce que c’est méchant ? »
Et maman, que répondra – t’elle ? « Non, mon chéri, c’est une couleuvre, c’est inoffensif pour toi, ce serpent mange des petits rongeurs, entre autres ». Ou alors dira-t’elle : « Pouah, viens vite, je vais demander à ton père de tuer cette saleté ».
Maman, que diras-tu à ton fils devant cette longue bête rampante ? Si c’est une vipère, tu devras lui apprendre à la distinguer et à ne pas l’approcher, mais il n’y aura plus de mépris dans ton propos, ni de répulsion : qu’un instinct naturel du danger à ne pas encourir. Et le serpent vénimeux s’éloignera si tu ne le provoques pas.
Quand tu seras devant le chef d’oeuvre d’une toile d’araignée entre deux branches, le détruiras-tu comme une vulgaire chose répugnante, ou diras-tu à ton petit émerveillé qui t’écoutera attentivement : « regarde comme c’est bien fait. Elle a commencé par lancer un fil dans l’air et il s’est accroché en face, là, tu le vois ? Après, elle a continué sa toile et quand il pleut, les gouttelettes étincellent sur les feuilles, je te montrerai comme c’est joli ».
Nous apprenons une autre façon de voir le monde, avec plus de bienveillance. Et nous posons des petits actes d’amour au quotidien : un jour, un enfant ramassait des étoiles de mer échouées sur la plage et les mettait dans un seau d’eau pour les rejeter dans les vagues plus loin. Un monsieur lui dit : « Mais ca ne sert à rien, mon petit, tu ne pourras pas toutes les sauver ! » Et le jeune de répondre avec son grand regard : « Pour celle-là, monsieur, ça change tout ».
Je m’en suis toujours souvenu.
Personne ne peut empêcher un petit geste de respect quotidien.
Personne ne peut empêcher le grand regard.