La Voie de l'Hirondelle

Protection de la nature et transmission d'une expérience.

Archives Mensuelles: novembre 2013

Nichoirs et mangeoires pour oiseaux sauvages

Ecocitoyen : un mot galvaudé :
Nichoirs à Roumazières-Loubert.
Ce printemps, nous nous sommes aperçus que le geste d’écocitoyenneté n’est pas inné mais doit être cultivé chez l’humain :
De nombreuses personnes, malgré les interdictions légales et les amendes à la clé, ne veulent plus de faune sauvage salissante.
Ainsi, on détruit les nids de martinets ou d’hirondelles, ou d’autres espèces protégées, parce que  :
cela salit. Cela fait du bruit. Cela gêne. Cela fait désordre dans un espace aseptisé.
Nous en sommes  là, nous avons rompu le pacte : les martinets et les hirondelles (entre autres !) sont utiles :
ils chassent les moustiques, par exemple.
Nous détruisons la planète en toute impunité mais ces “immigrés” sont mal accueillis par notre espèce hyper dominante.
L’association “La Voie de l’Hirondelle” a donc lancé le projet Martinets et protection de la biodiversité, soutenue par l’Alpe et le Centre Social de Roumazières.
Les enfants et les jeunes construisent tout cet hiver des nichoirs et des mangeoires.
Ainsi, le peuple menacé des martinets ne trouvera pas porte close quand il reviendra de ses milliers de kilomètres…
Ainsi, nous pourrons regarder vivre les passereaux à Roumazières. Ainsi, nous participons à la protection de la nature,
dont nous avons tant besoin pour survivre, nous et nos enfants et petits enfants à venir….
Les jeunes donnent de la sorte un exemple de solidarité et d’écocitoyenneté :
une merveilleuse réflexion sur notre juste place sur terre et sur les actions efficaces à mener.
Tous nos animaux s’unissent à moi pour dire :
Merci à tous ceux qui participent à ce projet, bénévoles ou non, et merci pour notre planète.
 
Anny Fugier. La Voie de l’Hirondelle. http://www.lvh.fr.cr 0545711909
Partenaires de Est-Charente.

(Par ailleurs, vous retrouvez la vie des martinets sur la lettre d’information du Comité des Usagers du Territoire de la Météorite (novembre 2013) :  http://territoire-de-la-meteorite.com)

 
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Lettre d’info à venir, soyez patients, merci.

Nous allons bientôt publier une lettre d’info pour nos lecteurs, racontant tout ce qu’a fait notre petite association : sauvetage de nombreux oiseaux, sauvages ou non, aide à des toutous en détresse, fabrication de nichoirs avec le centre social et l’Alpe pour les martinets et passereaux, (par les jeunes de Roumazières), etc etc…

Nous avons 80 animaux et sommes un peu dépassés par l’ampleur que cela a pris, mais quel bonheur.

Toute proposition d’aide est bienvenue, évidemment.

A bientôt, donc. Si ce site est tout le temps en retard, c’est parce que nous nous activons, et manquons de temps pour faire plus.

Bien sincèrement à vous,

anny.

Krikou (photo en attente)

Nous regardant, nous attendons patiemment que le temps suspende son vol, comme dit le beau poète.
Krikou, tu as été parfait tout au long de ta vie, parfait, je n’ai aucun autre mot pour dire Cela.
Tu as été merveilleux tout du long, le peu que tu es resté avec nous.
Tu as une classe folle, physiquement et de caractère, un standing éclatant. Tu t’endors dans tes longues plumes dorées qui te font coussin.
Je te caresse la nuque comme le font les oiseaux entre eux, qui s’aiment.
Je t’imite le cri du kakariki : kikiliki, gling gling gling, kikriki, je fais de mon mieux.
Je veux aussi te dire, avant que tu ne t’envoles chez le Grand Kakariki d’or,
que j’ai honte de l’espèce humaine, qui fait de l’élevage consanguin, crée des oiseaux fragiles. Si beaux mais si fragiles, les enferme et les vend comme si c’était des bibelots.
Je dis ça à toi qui te meurs contre moi, doucement, que je vais combattre cela.
Le faire savoir. Quand tu es venu ici, j’ai compris que mon coeur t’avait choisi,
juste pour t’offrir une mort entourée et non dans une animalerie ou chez des personnes
qui ne comprendraient pas ta noblesse. Ce n’était pas raisonné, je t’ai choisi et je ne crois pas au hasard…
Il existe pourtant de bons humains, qui cherchent à faire le moins de mal possible.
J’aimerais bien faire partie de ceux-là, mais je ne suis qu’un être humain,
et toi tu es un magnifique kakariki qui fait honneur à ton espèce, drapé dans tes plumes
comme dans une cape magique.
J’éprouve pour toi tant d’admiration que je voudrais que cela se voit dans ma vie quotidienne. Je voudrais dire au monde entier que les kakarikis sont, certes, des oiseaux en danger en Nouvelle Zélande,
par la faute de qui vous savez, mais surtout des êtres splendides, faits pour vivre dans la nature.
Si tu le peux, montre moi, quand tu seras un véritable Oiseau, à quoi ressemble ce grand Kakariki. Je ne suis pas croyante du tout, mais là, tu vois, s’il y avait un dieu à honorer,
j’aimerais que ce soit un Kakariki d’or : je voudrais te penser les plus belles phrases du monde. Je ne suis qu’un pitoyable être humain, pardonne m’en, bel oiseau jaune.
Sans doute le temps nous est-il compté, à présent que la journée s’avance, mais au moins,
je sais vous dire les choses quand vous vous en allez, avec le bout de mes doigts ou le bout de mes sons,
je sais m’envoler avec vous.
Je te laisse un moment,  mon ami, voilé des tes ailes et honoré de ta longue traîne, digne et gentil comme ce n’est pas possible
d’être gentil.
D’être gentil.
Je t’aime.

Chouquette chipe les tartines des autres anges

Messages: 1 Date d’inscription: 06/01/2012 Age: 59 Localisation: France charente
Chouquette chipe les tartines des autres anges (A consulter aussi sur http://refugeangoumois.forumgratuit.fr/ dans la rubrique : Hommages.)  

“Je m’appelle Chouquette. Dimanche 3 novembre, à deux heures cinq du matin, j’ai pris le large. Maintenant, je suis dans un monde sans heures et sans frontières. Là où je suis, il y a des anges, car “maman” disait que j’en étais un. Je suis une petite chienne venue du refuge de l’Angoumois il y a onze ans. Dans l’univers d’où je viens, je volais tout ce que je pouvais trouver. J’étais la championne du monde de vol à la tire, médaillée d’or pur. Une merveille ; j’avais développé une technique formidable. Je savais sauter sur les tables, les réchauds, ouvrir les placards, me tapir derrière les jambes et attendre patiemment, ramper sous les volières, pénétrer dans les poubelles, me servir sur la route quand les éboueurs passaient. J’étais vraiment le top du top ; maman disait que j’étais unique au monde, exceptionnelle. Alors, depuis que je suis arrivée dans le paradis des gentils chiens, les anges sont chamboulés. Hier, je me suis planquée derrière le bon dieu et j’ai pu avaler un bout de sa tartine beurrée, qu’il a fait tomber par terre. Il n’a pas eu le temps de le ramasser que : gloup. Je manque d’entraînement, car ici, tout le monde est plus rapide ; les séraphins veillent au grain. J’ai failli faire chuter l’un d’eux ; il a manqué s’écraser sur l’évier en voulant m’enjamber. Le Père Noël, qui prépare déjà sa hotte, a rétorqué qu’il fallait me renvoyer sur terre. Maman dirait oui, car elle savait que lorsque je m’envolerai, un grand vide régnerait sous les volières, sous la table, dans les dodos des autres chiens, dans les placards… Entre maman et moi, c’est une immense histoire d’amour.”
“Je m’appelle Anny. Ma petite fille Chouquette vient de rejoindre une clarté merveilleuse. Elle a réussi sa mort. Nous avons réussi à nous envoler toutes les deux ensemble. Elle était sur le lit, on dormait, et soudain elle a eu des vibrations. J e l’ai descendue, j’ai cru à des besoins urgents et j’ai eu juste le temps de lui dire au revoir : elle fut secouée de convulsions de “tétanie”, c’était terrible, violent, mais ça a duré une minute. Complètement absasourdie et prise sous le choc, j’ai eu juste le temps de la caresser pendant qu’elle agonisait: ”Je suis là, je suis là, on a réussi” et elle s’est envolée…. ma main sur sa tête.
Il y a deux boutons d’or dans le pré magnifiques, on les avait regardés avant hier, ils sont en fleurs rien que pour elle. Nous avions fait un deal, on s’était dit que je ne serai pas –trop- triste. Je pleure à  tous les coins de boutons d’or et de scabieuses, le moindre nuage m’emplit de bonheur en pleurant, je regarde un nuage et j’y vois ma petite courir.
Chouquette est morte à la maison, pardon a pris le large, elle a réussi son coup ;
les 4 dernières nuits, on s’était tout dit. Je ne regrette rien, j’ai réussi mon pari, des soins palliatifs à la maison, seules sans conseils, car on nous aurait prises pour deux folles. On avait de la cortisone, pas de morphine, mais on a su faire au moins pire. J’aurais aimé qu’on puisse me conseiller, me donner de la morphine, mais on ne préconise que des euthanasies, alors que j’étais parfaitement capable d’assurer son départ, car elle me guidait merveilleusement. Je milite pour des morts à la maison ce jour, ce trois novembre, mais pas pour tous, bien évidemment, car chaque cas est unique, exceptionnel. Elle a fait de sa mort un moment d’amour, même si le tsunami nous a emportées toutes les deux dans la minute fatidique. Je veux, je veux que tout le refuge d’où elle vient le sache, je veux que le monde entier sache que la chouquette cendrée à poils mi durs, mi mous selon la direction des vents, la moins que rien , la merde qu’on a maltraitée dans sa jeunesse, a eu la mort d’amour que nous voulions, elle et moi, unies et liées à jamais.”
“Nous nous appelons Chouquette et Anny. Nous n’habitons plus à la même adresse mais nous vivons dans le même univers. Moi, je continue de me perfectionner en faisant des blagues rigolotes aux autres anges. Elle, elle continue de recueillir, avec Jean-Pierre, des animaux perdus ou maltraités, même sans gros moyens. Toutes les deux, nous allons voir les fleurs scabieuses, les deux boutons d’or qui ont fleuri en novembre. Moi je gambade devant, reniflant la bonne odeur de la terre et elle caresse les tiges et les derniers pétales. Je leur ai demandé de garder une chienne du refuge qui a eu, comme moi, une jeunesse terrible. Nous pourrons tous aller galoper dans le grand pré, où les vieux chevaux à la retraite paissent doucement. Tout a une senteur de paix et d’allégresse. Les dernières jolies mouches valsent. Wooky, mon ami colley, trottine. J’ai appris à “maman” que l’important, l’essentiel,  n’est pas de se tracasser pour des pécadilles humaines, de faire la guerre au monde de dingues, mais d’être soi-même harmonieux avec la vie. Je continue de lui apprendre plein de choses sages, comme ouvrir un placard pour y chiper un bout de fromage, en riant, en riant toujours, parce qu’il ne faut jamais se prendre au sérieux, ce serait trop dérisoire. Il est doux d’ être léger, léger et mettre la truffe entre l’herbe ; de s’aimer et aimer la vie. Elle m’a dit qu’elle voulait bien être mon élève ; qu’elle suivrait mon exemple : tu la vois, toi, à cacabeson sous la table ? Hiiiiiiii
Ecoutez, regardez : les moineaux pépient dans le laurier-roi ; le vent susurre des mots à son goût. Il est libre, le vent. C’est ça, c’est ça qui est très important. Libre.
Chouquette et Anny.
 
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