La Voie de l'Hirondelle

Protection de la nature et transmission d'une expérience.

Krikou (photo en attente)

Nous regardant, nous attendons patiemment que le temps suspende son vol, comme dit le beau poète.
Krikou, tu as été parfait tout au long de ta vie, parfait, je n’ai aucun autre mot pour dire Cela.
Tu as été merveilleux tout du long, le peu que tu es resté avec nous.
Tu as une classe folle, physiquement et de caractère, un standing éclatant. Tu t’endors dans tes longues plumes dorées qui te font coussin.
Je te caresse la nuque comme le font les oiseaux entre eux, qui s’aiment.
Je t’imite le cri du kakariki : kikiliki, gling gling gling, kikriki, je fais de mon mieux.
Je veux aussi te dire, avant que tu ne t’envoles chez le Grand Kakariki d’or,
que j’ai honte de l’espèce humaine, qui fait de l’élevage consanguin, crée des oiseaux fragiles. Si beaux mais si fragiles, les enferme et les vend comme si c’était des bibelots.
Je dis ça à toi qui te meurs contre moi, doucement, que je vais combattre cela.
Le faire savoir. Quand tu es venu ici, j’ai compris que mon coeur t’avait choisi,
juste pour t’offrir une mort entourée et non dans une animalerie ou chez des personnes
qui ne comprendraient pas ta noblesse. Ce n’était pas raisonné, je t’ai choisi et je ne crois pas au hasard…
Il existe pourtant de bons humains, qui cherchent à faire le moins de mal possible.
J’aimerais bien faire partie de ceux-là, mais je ne suis qu’un être humain,
et toi tu es un magnifique kakariki qui fait honneur à ton espèce, drapé dans tes plumes
comme dans une cape magique.
J’éprouve pour toi tant d’admiration que je voudrais que cela se voit dans ma vie quotidienne. Je voudrais dire au monde entier que les kakarikis sont, certes, des oiseaux en danger en Nouvelle Zélande,
par la faute de qui vous savez, mais surtout des êtres splendides, faits pour vivre dans la nature.
Si tu le peux, montre moi, quand tu seras un véritable Oiseau, à quoi ressemble ce grand Kakariki. Je ne suis pas croyante du tout, mais là, tu vois, s’il y avait un dieu à honorer,
j’aimerais que ce soit un Kakariki d’or : je voudrais te penser les plus belles phrases du monde. Je ne suis qu’un pitoyable être humain, pardonne m’en, bel oiseau jaune.
Sans doute le temps nous est-il compté, à présent que la journée s’avance, mais au moins,
je sais vous dire les choses quand vous vous en allez, avec le bout de mes doigts ou le bout de mes sons,
je sais m’envoler avec vous.
Je te laisse un moment,  mon ami, voilé des tes ailes et honoré de ta longue traîne, digne et gentil comme ce n’est pas possible
d’être gentil.
D’être gentil.
Je t’aime.
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