La Voie de l'Hirondelle

Protection de la nature et transmission d'une expérience.

Archives Mensuelles: août 2014

L’intelligence des oiseaux : comprendre nos racines naturelles

Vous le savez, nous vivons au milieu des oiseaux : hirondelles, autres sauvages et oiseaux de volière, anciens à nous, ou bien recueillis et en détresse.

Nous en avons 70 environ, plein de pauvres petitous. En ce moment, on admire les premiers vols des bébés hirondelles, et les bébés moineaux quémandant aux parents par terre.

Ce matin, je voulais remettre Tao, perruche ondulée de 8 ans, dans sa volière originelle, avec ses potes : Tao a été malade et a dû être soigné en cage à la maison.

Je le croyais fort et je l’ai emmené dans son territoire habituel : j’ai posé le contenant et le contenu par terre, sous les autres perruches, et mon Tao de chanter doucement sa joie de revoir son habitat d’origine ! C’était craquant et les autres de l’appeler aussi…
Malheureusement, Tao était encore trop faible, je l’ai vu de suite, il n’aurait pas tenu dans une grande volière de vol avec des bien portants. J’ai décidé de le rapatrier de nouveau dans la maison avec une goutte de cortisone en sus.

Il m’a paru si déçu que, le coeur brisé, je lui ai attrapé la petite Loupiotte, ondulée féminine, fragile aussi, pour lui remonter le moral dans la salle à manger. (Il y a déjà une dizaine de volières et on les fait voler le soir, du moins, ceux qui peuvent).

Quand j’entends dire « cervelle d’oiseau », je frémis. Au nom de quelle morale juge-t’on des bestioles qui font parfois 10000 kms de migration sans se planter, alors qu’on n’est même pas capables de s’orienter sans nos GPS ?

Tao a parfaitement compris ce que je faisais, aucun doute, et ses sentiments m’étaient évidents.

De même qu’on maltraite les fleurs, qu’on les jette après usage, en pot ou en vase, comme de vulgaires choses stupides. Il a fallu une sérieuse adaptation pour survivre au cours des ères et parvenir jusqu’à la quaternaire et on sait que les végétaux sont sensibles. Ils réagissent même émotivement aux ondes, à la musique, etc…

Les stoïciens déjà nous disaient de nous unir à la nature ; Goethe et Scheller étaient adeptes d’une naturphilosophie. Pour ne citer qu’eux…

Nous avons perdu nos racines et nous prenons pour les êtres supérieurs du monde, des dieux en puissance. Les religions ont beaucoup aggravé cette culture impériale égotique.
Alors que nous devrions mettre nos egos en sourdine et nous fondre dans la nature qui nous dominera toujours (Voir le virus Ebola en ce moment… si petit et si actif…).

Une perruche est intelligente et sensible, une plante aussi, c’est mon avis et c’est mon sentiment.

S’unifier à la nature mère ne veut pas dire rétrograder, cela signifie permettre aux générations futures un peu de respect et d’empathie. Marc Halévy ne dit-il pas qu’une nouvelle sagesse est à inventer, dans son livre sur le Taoïsme originel ? (La Chine actuelle se pervertit en décimant les rhinocéros et les éléphants, les requins, pour des superstitions loin de la sagesse séculaire)…

Las ! Quand accepterons-nous de redevenir des parties infimes d’un tout qui nous dépasse, pour comprendre la parole spéciale d’une modeste petite perruche en difficulté ?

Unir toutes les sagesses sous l’égide de la mouvance universelle, telle devrait être notre façon d’être si nous voulons simplement… survivre….

Anny

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Précisions sur la sagesse naturelle qui nous inspire

Deux articles ont été publiés sur ce blog au sujet de l’éthique naturelle, cette philosophie qui nous unifie à la nature et s’inspire des sagesses de diverses cultures humaines.

En pratique, cela donne que nous acceptons les lois universelles, douces et violentes à la fois, tout en survivant sur cette terre où sélection naturelle (Darwin, Lamarck) côtoie solidarité et associativité (Jean-Marie Pelt et Pierre Rabbhi).

Cela signifie que le non-agir taoïste (revisité sans ces histoires de divinité) s’allie à la connaissance de l’action adéquate, pour parler comme Spinoza.

Tous les grands protecteurs et amis de la nature, de la faune et de la flore, (Tels Jane Goodall, Alain Bougrain-Dubourg, Brigitte Bardot, pour n’en citer que trois parmi les milliers d’autres…) pratiquent la philosophie de l’amour et de la compassion. Nous ne parlons pas ici de leurs caractères d’êtres humains, juste de leurs actions et désir de sauver.

L’éthique naturelle -qui n’est pas une morale (toute morale étant subjective et humaine : la nature est amorale et a ses propres lois ; l’humain qui se dit moral n’hésite pas à faire des génocides)- nous demande une façon d’être et de penser.

Pour ma part, elle m’a entraînée dans le végétarisme (ne pas s’en glorifier, pour vivre, on tue, ne serait-ce que la salade) et je n’aime pas couper les fleurs, par exemple, pour faire des bouquets.

Mais cela n’engage que moi, je l’ai déjà dit. à chacun d’avoir des idées accordées avec la nature, tout en gardant sa personnalité. Si vous avez des suggestions à me faire, n’hésitez pas,toute piste de réflexion s’ajoutera à cette liste incomplète et infinie comme la vie.

Merci, bien à vous tous !

Anny

 

 

 

L’éthique naturelle

Protéger la nature, c’est aussi avoir une façon d’être et de vivre.
Pour ma part, j’ai fait beaucoup de recherches personnelles, de façon aussi à pouvoir répondre aux personnes qui se posent des questions variées, aux détracteurs, aux écologistes.
J’ai consacré la première partie de ma vie aux humains, aux personnes déprimées, fait beaucoup de bénévolat. Mais ensuite, j’ai pensé que la nature en danger avait de grands besoins, et qu’on ignorait le sort des animaux si maltraités sur notre planète.
C’est ce que je dis quand on rétorque : « et que faites-vous pour les humains ? » C’est le genre d’argument qu’emploient ceux qui ne font pas de bénévolat du tout.
J’ai imaginé « une éthique naturelle », une philosophie, un mode de pensée et « d’ipséité », (pour reprendre Jankélévitch, je crois), pour continuer d’affronter la détresse, la mort, la sottise des hommes et la folie du monde moderne.
Cette façon d’être, je l’ai puisée en regardant vivre les animaux sauvages, les hirondelles notamment, leur force mentale, leur lâcher prise devant les évènements qu’elles ne pouvaient résoudre (la perte de leur nid, par exemple, quand plus rien ne pouvait être tenté par les parents attentifs).
J’ai concilié en moi les belles sagesses humaines avec cette éthique de la nature telle qu’elle est, douce et violente à la fois : taoïsme, hindouïsme, yoga, sages de tous temps: stoïciens, épicuriens, Montaigne, Spinoza… les modernes : Comte-Sponville, Ferry, Lenoir ; des biologistes ou autres : Konrad Lorenz, Jean-Marie Pelt, Pascal Picq, Yves Paccalet, etc…
J’ai aussi puisé dans le développement personnel comment aborder le thème de la chasse, de la corrida : PNL, communication non violente (un défi à relever !), méditation de pleine conscience (Christophe André) etc etc…
Ainsi, j’essaie d’être pacifique, de ne pas trop juger ou qu’à bon escient, d’être en un mot, plus lucide et plus … sage, vaste programme qui est la leçon d’une vie entière. Concilier est mon idéal.
Car lorsqu’on est végétarien, qu’on vit simplement entouré d’animaux et de plantes, qu’on combat la chasse exagérée, la corrida, l’abattage sans étourdissement, la vivisection, il est bien de raison garder face à la violence développée par l’autre, en face de soi.
Je vois trop de protecteurs engagés devenir aigris, maniaques, sectaires… Je suis comme eux, mais la philosophie m’a appris à moins juger, ou à réfléchir plus qu’avant. Elle m’a apporté plus d’ouverture d’esprit : nul n’est parfait, on contribue tous à la pollution ambiante, par exemple.
Ca n’enlève rien à ma colère en face de la corrida aimée par les religieux, pour ne citer que ce paradoxe incompréhensible, mais j’essaie de donner l’exemple de la dignité face à cette folie.
(Moi qui ne crois qu’en une unité naturelle, et pas en un dieu pour humain mégalomane, je prône l’amour pour toute la création, tout en combattant la folie de mon espèce).
Je ne dis pas que j’y arrive, ce serait mentir, mais je tente de me comporter de mieux en mieux.
Voilà. Si ces réflexions résumées vous ont apporté quelques pistes de lumière, contactez-moi par mail : annie.fugier@orange.fr ou sur ce site.
Et pardonnez mes retards.
Bien sincèrement et naturellement.
Anny des hirondelles.
PS : J’ai utilisé le mode « Je » car cet article n’engage que ma propre vision. Si j’avais dit « nous », j’aurais parlé pour d’autres et j’aurais fait preuve de fausse modestie : il ne faut pas toujours fuir le « Je ». C’est lorsqu’on l’évite que souvent, on fait preuve de prétention. Je ne suis ni meilleure ni pire qu’une autre, étant un simple animal humain faillible et appartenant à une espèce qui se prend, à tort, pour le nombril du monde.
Nous sommes souvent bien « petits » moralement, il faut en convenir.

News rapides de l’association

Bonjour, veuillez excuser un gros retard dans ce blog. On a bien fait notre Assemblée Générale, au siège, et on vous en reparlera. Nous avons tellement d’animaux à soigner et de réserve naturelle à entretenir qu’on ne s’en sort pas. 80 animaux, ça ne se gère pas d’un claquement de doigt, car la plupart sont vieux, éclopés ou en transit. Nous avons ainsi de temps à autre des toutous en Famille d’Accueil.
Nos hirondelles se portent bien cette année, 19 nids, deuxième couvée en cours ce 3 août 2014, et nous avons sauvé deux petits à coup sûr, en les remettant dans un nid de parents adoptifs.
Certains nous demandent conseil, on les nourrit avec des croquettes pour chats détrempées, puis on les porte au centre de Sauvegarde de la Faune sauvage de son département, pour nous : Torsac.
On a aussi sauvé, avec l’aide d’amis : deux chouettes, un bébé écureuil.
On a eu des couvées d’hirondelles de 6 petits, deux fois, du jamais vu ici.
Nous commençons à savoir soigner les oiseaux de volière, on en prolonge certains, car ce n’est pas évident du tout : une crise cardiaque peut survenir lors des manipulations. Cela ne s’improvise pas du tout, du tout. C’est un long apprentissage, croyez-moi, et au cas par cas.
Nous avons trois oiseaux apprivoisés sur la main qui font une animation enfants le 23 août à la Guerlie, Lacs de Haute Charente. Ity, Héliou (Hélia est Héliou, on l’a fait tester ADN, c’est bien un petit mec, vu comme il siffle, le gaillard), et Yoko, toujours sur mon ventre.
Wooky, le colley, vieillit bien. On a 4 chiens recueillis ici.
Nous avons des bébés pies dehors, mésanges, verdiers, moineaux, tourterelles, gros-becs, chardonnerets, etc.. Les grenouilles sont surveillées, on remet de l’eau dans leurs petits bassins régulièrement.
Côté fleurs sauvages : chardons, pissenlits, orties, attirent les insectes précieux.
On ne tond pas, c’est la forêt vierge, on n’a pas le temps et pas envie non plus.
On est bios, je suis végétarienne et j’essaie de vivre en accord avec mon éthique.
On fera des photos mais soyez patients, mes amis ! Je suis un peu dépassée par l’ampleur des soins !
Merci à ceux qui ont renouvelé leur adhésion, fait un don, donné des couvertures,du pain sec, etc.. ou du grain pour les zozios.
On vous embrasse, on revient sur ce site dès qu’on a un moment entre deux malades ou deux recueillis.
Anny et les BB hirondelles.