La Voie de l'Hirondelle

Protection de la nature et transmission d'une expérience.

VOIR LE MONDE

Bonjour,
Hier, je suis allée chercher mes nouvelles lunettes progressives pour voir de près et de loin.
Mais commençons par le début : je suis myope, complètement bien comme il faut. Je suis  aussi presbyte et j’ai un glaucome.
Mon père devenait aveugle et s’angoissait. Il est mort avant que cela n’arrive. Mon oncle est aveugle. Je suis menacée de le devenir
plus tard bien que je sois parfaitement soignée.
Nous avons tous des épreuves dans la vie, c’est une des miennes d’avoir cette menace au-dessus de ma tête.
Mais je n’écris pas pour vous en parler ici.
J’écris pour que nous nous rappelions toutes et tous, pour ceux qui voient, combien c’est merveilleux.
Ca vous parait bien simplet, ce que je dis là, hein ?
Imaginez alors aussi que vous soyez tétraplégique  – j’espère pour vous que vous ne l’êtes pas- et qu’un jour, un beau jour,
vous marchiez. Vous découvririez le bonheur d’avoir deux jambes.
J’admire profondément les handisportifs, entre autres. Une volonté exceptionnelle. Pas de plainte. Ils encaissent, ils endurent,
ils sourient quand ils avancent dans leur tête et dans leur corps.
Donc moi, je suis dans le brouillard depuis l’âge de neuf ans, je serais morte dans la nature.
Mais il existe des ophtalmologistes et des opticiens, entre autres, qui me permettent d’oublier mon handicap quelque peu.
Longtemps, je suis restée avec mes anciens verres car la myopie permet de voir parfaitement bien de près si on pique du nez.
Je soulevais mes bésicles et hop, je n’avais plus d’infirmité. Je distinguais même mieux que les gens “normaux”.
Il est venu un moment où ça devenait trop dur, il a de nouveau fallu changer de lunettes, bien sûr.
Hier, en les mettant sur mon nez, qui a l’habitude, j’ai réalisé que je voyais à la fois de près et de loin.
Ca vous parait complètement futile, hein ?
Mais j’ai cette menace de cécité au-dessus de mes mèches…
Et c’est là toute la différence ! Alors quand un appareillage me permet d’être presque comme tout le monde, c’est le pur bonheur.
Ce qui change chez moi : c’est que j’ai cette menace qui pèse sur moi. Vous sentez où je veux en venir ?
Que mon expérience serve à quelque chose : Nietzsche disait : “Tout ce qui ne nous tue pas nous rend forts”.
Il est à remarquer que le texte écrit en tout petit qu’on fait lire pour connaître la correction qui doit être apportée à l’oeil (vous savez,
les professionnels  vous présentent plein de mots et de phrases pour vous tester), eh bien, il est emprunté à ce philosophe justement !!!!
J’ai fait de ma faiblesse oculaire ma force ma très grande force.
C’est devenu un atout dans ma vie même. Je vois. Pas normalement, certes, mais regarde toi aussi : ce matin, as-tu remarqué la lumière
un peu jaunie du ciel en sortant ? As-tu vu le pistil de cette minuscule fleurette pile sous ton nez ? Non ? Mais tu as tout raté, mon ami(e) !
J’entends les personnes se plaindre tout le temps, j’ai ceci, j’ai cela, je n’ai pas assez d’argent pour partir en avion cette année, on ne mangera
pas de mets précieux à Noël… Alors remarquez bien : les vrais pauvres, les vrais handicapés se plaignent rarement.
Prenons exemple, sauf exception.
La vie nous a pourris, gâtés souvent. Certes, nous avons tous des dures épreuves, je l’ai déjà mentionné, mais combien de moments merveilleux
oubliés parce que nous n’avons pas su voir le monde et le réenchanter ?
Faut-t’il faire appel à un chaman pour créer de la magie à l’intérieur de son moral habituel ?
En sortant de chez l’opticien et encore aujourd’hui, je me suis mise à regarder. Tout. Les gens, les trottoirs, les plantes minuscules, les premières hirondelles.
Je trouvais tout super joli. Tout à mon goût du jour. Oh, bien sûr, le monde n’est pas rose, ce n’est pas ce que je veux dire, moi qui m’occupe d’animaux
maltraités, par exemple… Mais l’univers est à regarder avec des yeux tout neufs.
Mettons nos lunettes de bonne joie, d’émerveillement, et changeons notre vision de myopes.
Qui est vraiment myope d’ailleurs ? Ceux qui abattent toutes les forêts pour des raisons mercantiles ou les petites bonnes femmes
qui se penchent avec délice sur les fleurs sauvages que personne n’a regardées ce matin pur ?
Vous, vous qui avez des yeux pour voir, admirez, admirez, cherchez le beau dans un éclat de caillou, sur la peau d’une grenouille bien cachée,
sur un balcon ensoleillé ; servez-vous de vos yeux, bon sang de bonsoir, pour dire comme l’univers est beau malgré sa dureté inconditionnelle.
Nos yeux se fermeront un jour (sans doute les yeux de l’âme s’ouvrent-t’ils alors) et il faut en profiter.
Parce que tu vois, mon ami(e), hier j’étais dans le brouillard tenace, et maintenant, je vois jusqu’aux galaxies.
Parole de myope.
Tu as deux yeux merveilleux, tu as deux yeux, tu vois.
Annie Fugier, la taupe.
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LES PANTHEISTES : une philosophie pratique

((Article-édito écrit pour une revue : Le Baume de Vie.
N’y voyez aucune relation avec les attentats de Bruxelles de ce matin.
Bien que l’on pourrait dire qu’une religion doit être amour !))
“LES PANTHEISTES : EN ACCORD AVEC L’UNIVERS.
(Une philosophie qui aide à faire face au quotidien)
Bonjour tout le monde, c’est enfin le printemps tant attendu.
Et ce jour, 20 mars 2016, 5 hirondelles sont installées dans les dépendances.
Nous avons bien bossé, il faut dire : on a mis des clous aux poutres et des fils électriques pour servir de perchoirs,
consolidé les nids de l’an passé ; c’est devenu un palace pour espèce menacée.
(Comme vous le savez, les pesticides les tuent, ainsi que la main de l’homme, bien évidemment, qui les empêche de nicher. )
Nous vous espérons en forme, merci aux quelques lettres reçues, à tous vos mots gentils.
Si vous avez internet, vous pouvez nous suivre sur facebook aussi, sur les mails.
Que s’est-t’il passé depuis Noël ? On pourrait parler d’une grande découverte, un siècle après leur description
par Albert Einstein : on a dédecté les ondes gravitationnelles de l’univers. (Deux trous noirs, en fusionnant, émettent ces ondes).
C’était le 11 février. Les scientifiques s’interrogent toujours sur l’origine du monde, du big bang, de l’expansion cosmique, etc…
De fréquentes avancées sont mentionnées dans des journaux spécialisés : “Dernières nouvelles de l’univers”, titrait l’Obs hors série,
vendu en maison de la presse à tout public. Chacun peut y aller de sa théorie, mais il est un fait, on commence à comprendre
que nous faisons partie d’un tout absolument démesuré et que la poussière d’étoiles que nous sommes n’est qu’un infime maillon
d’une trame immense.
Hubert Reeves, astronome et écologiste, a eu l’humilité de prétendre ne pas savoir grand chose sur le départ ou la fin de tout cela ; j’ai
apprécié sa modestie de grand scientifique et d’humaniste. (“Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve” est un de ses magnifiques ouvrages).
Là encore, tout le monde reste libre de penser ce qu’il veut en toute conscience.
Pour ma part, je suis panthéiste, “Deus sive Natura” : Dieu est la nature ou la nature est Dieu : vision athée cosmologique du Mystère qui nous dépasse.
Cette sorte de doctrine philosophique, reprise aussi par Baruch Spinoza, que j’aime beaucoup, m’a réconciliée avec toutes les ouvertures possibles et
imaginables. On peut croire ou non en un Dieu, en plusieurs esprits comme les shintoïstes, ne pas croire du tout comme Michel Onfray, on s’en moque.
Ancré dans le Réel, on peut voir l’Absolu dans une graine qui germe on ne sait pourquoi, ni comment, tout comme dans un humain, tout comme dans
une fourmi ou un nuage, tout comme dans le vide, tout comme dans le tout. L’infini est retrouvé, condensé, dans l’infiniment petit comme dans l’infiniment grand.
J’adore cette pensée naturelle, à la fois pragmatique ou poétique, selon la façon dont on la perçoit. Le vrai panthéiste, (du dieu Pan) honore la vie,
les créatures, ne distingue pas des classifications étriquées. Bien évidemment, il y a des tas de manières d’aborder cet idéal et il en existe diverses formes ;  le panenthéisme en est une mais je ne rentrerai pas dans les détails.
Non, dans mon être intime, je me sens reliée, par exemple avec l’hirondelle qui vient d’arriver ce lundi.
Elle a parcouru 6000 kms sans boussole, a affronté la Méditerranée avec ses 19 grammes de courage et de plumes, le Sahara, et elle a réussi à retrouver
sa vieille écurie. Elle a commencé par tournoyer autour un jour ou deux, testant les humains qui habitent là, avec prudence et intelligence, avant de
se poser près de son ancien nid. Elle a vu des lions et des gnous, sans doute, des acacias africains et la revoilà toute pimpante devant nos chênes.
Je me suis sentie “une merde” à côté d’elle (ou de lui), moi qui me perdrais dans 500 mètres carrés de bois la nuit !
Donc mon panthéisme, érigé au rang de manière d’Etre et de Vivre, bien compris et adapté à ma petite personne, me permet d’admirer une hirondelle,
de la respecter, tout en étant imprégnée de culture sociale humaine…
C’est ainsi, à mes yeux du moins, la plus belle des “doctrines” car elle englobe Tout, telle que je la conçois et on n’aurait pas envie de se battre pour elle,
ni de verser des tonnes de sang rouge sang, puisque elle résume toute Vie et accepte même le cycle de la mort : elle réintègre l’humanité dans l’univers.
Elle tolère les croyants, les incroyants, les sectaires, les athées, puisqu’elle prétend que la trame est un continuum du vivant : unité.
Unité est son maître mot et elle en fait une discipline ! Le caillou est dieu de même que le dauphin, puisque tout est dieu !
Quel apaisement ! Quel apaisement !
Nous sommes alors bien loin des traditions cruelles, au nom d’un Créateur partial, qui érige l’homme en supérieur absolu : on n’immole plus un agneau pascal.
Pour cette fête dite religieuse (qui vient du mot relier, je le rappelle tout de même…), on sépare des bébés moutons de leurs mamans, tout le monde hurle ; on enfourne
violemment les enfants animaux dans des camions, perdus, bêlant leur désespoir total, puis on les égorgera (sans doute halal) après les avoir pendus par les pieds
sur une chaîne d’abattage. Sympa, non, la fête pascale chez les Chrétiens – pardonnez-moi, je refuse la majuscule ici : chrétiens- ?
Je n’irai pas jusqu’à enlever un e dans ce mot car je suis sûre qu’il existe des bons croyants qui, comme moi, refusent cette barbarie et réfléchissent au pourquoi
de leurs actes. A ceux-là, j’envoie tout mon amour et mon respect.
La chanteuse Jeanne Mas prêche le véganisme et je la comprends bien ici : est vegan celui qui refuse l’exploitation des animaux : viande, lait, oeufs, laine, etc…
Pour ma part, je suis végétarienne,  presque végétalienne (je progresse lentement) et je propose déjà de moins manger de chair vivante : mammifères, poissons, mollusques, etc…
Il faut ajouter à ces horreurs que l’abattoir du Vigan – je viens de l’apprendre – condamné pour maltraitance animale, va rouvrir pour Pâques, pour l’abattage des agneaux
de cette tradition “merveilleuse de la résurrection”. Birk. Honte à l’humain assoiffé d’argent.
Alors, mes ami(e)s, en cet éditorial qui annonce les beaux jours, le retour des migrateurs, le réveil des fleurs et des insectes à protéger absolument, je voudrais vous dire
de jolies choses aussi, pour sortir de ce cercle vicieux épouvantable des traditions, qu’elles soient d’Orient ou d’Occident d’ailleurs ; ici, pas de racisme : on commet l’indicible
en France comme en Arabie, comme en Amérique, etc… Faites de votre vie une oeuvre d’art (“Je veux faire de ma vie quelque chose de beau devant Dieu”, disait Mère Térésa).
Je n’emploie plus le mot dieu, car je n’ai pas de religion et n’appartiens qu’à la vie globale, mais cette phrase résume le sens qu’on peut donner à son existence quand on se sent
perdu dans la foule exigeante des humains. On peut ainsi travailler chaque jour à aller de l’avant, chacun(e) à sa façon, sans regarder à côté ce que fait le voisin. Se construire,
c’est aussi construire le monde. De nos jours où la méditation est si à la mode –et tant mieux- on peut aimer la vie dans chaque petit geste qui nous grandit.
Quand mon hirondelle soeur chante sur son fil, pour dire à ses copines qu’elle est bien là, tout simplement, elle ne fait rien d’autre que clamer son Etre particulier et
fusionné dans l’infini, qu’elle respecte, au contraire de l’humain, qui veut tout contrôler !
Sage est l’oiseau sauvage, qui prèlève juste le nécessaire, se contente de peu, ne se tourmente pas l’âme et ne croit qu’aux arbres, au ciel et au nid à fignoler.
Il fait allégeance à la Nature, comme dirait Nicolas Hulot, et quel exemple, quelle maestria !
Joyeux Printemps dans la simplicité des fleurs et du monde.
Anny Fugier des Hirondelles”
“Vous êtes pareils à tout ce qui existe dans l’univers  ; vous venez de la même source, vous êtes faits de la même lumière”  (Don Miguel Ruiz , Pratique de la Voie toltèque).

Nous aimer sans nous juger

« Puissions-nous nous aimer sans nous juger » est une phrase extraite d’une prière pour l’estime de soi, de Don Miguel Ruiz, auteur éclairé des « 4 Accords Toltèques ».

J’ai lu ce livre tout à fait par hasard et il complétait bien mes recherches intellectuelles sur le mieux vivre et le mieux vivre ensemble, qui est un défi à relever pour l’humanité.  Avoir une parole impeccable, c’est-à-dire ne pas être médisant. Ne jamais se sentir visé, c’est-à-dire être libre et non coupable dans sa tête. Ne pas supposer que l’autre est comme ceci ou comme cela. Et le top, faire toujours de son mieux. Vous connaissez sans doute ces accords mieux que moi, qui viens juste de les découvrir.

Ca m’a intéressée car je pense que si on s’accepte, si on arrête de toujours se flageller moralement, on peut aimer la vie et les autres de plus en plus. On est dans l’ouverture, dans le « avec » et non plus dans la marche « contre » nature.

C’est mon avis. Il y aurait beaucoup à dire sur cette façon de se tranformer de l’intérieur pour transformer le monde, mais d’autres l’ont fait mieux que moi. C’est juste que je m’en sers pour combattre le « mal » que je vois dans nos associations : ces humains qui saccagent les animaux et les végétaux, par exemple. Je ne parle même pas des guerres, des enfants esclaves. On voit plus le « bien » si on agit en harmonie avec ces accords ; on est en phase avec l’univers primordial, avec la neutralité de la Nature mère, sur la fréquence Unité du vivant.

Bien des sages ont visé les mêmes objectifs avec d’autres mots, durant toute notre évolution. Mais ici, on est plus dans le chamanisme primitif, et c’est assez original et bienvenu, dans notre époque où le génocide des peuples sauvages et plus purs que nous bat son plein.  Sans parler de l’extinction annoncée  des grands singes, nos admirables cousins.

Oh, bien sûr, Miguel Ruiz reprend les thèmes de l’amour universel, mais son horizon est très ouvert et proche de la nature originelle. On ne peut jamais être tout amour, mais le 4ème accord me sied parfaitement, moi qui me culpabilise de ne jamais faire assez ou de chuter : faites de votre mieux et n’y pensez plus.

Il nous parle de cet étranglement religieux qui a fait de l’humain culturel un être formaté, maté tout simplement, qui ne sait plus être lui-même comme cette petite fille qui chantait avant que sa maman chérie lui dise qu’elle a une voix épouvantable et qu’elle doit la laisser travailler tranquille. Nos journées de stress moderne nous déconnectent de l’Un primordial, de ce «  » » »Dieu » » » intérieur qu’est notre pureté latente, celle d’avant notre big bang personnel, la naissance de notre univers mental et humain. Il y aurait de quoi argumenter et je n’en ai pas la prétention.
Je dis juste que si nous savons nous centrer dans l’énergie innocente de la Nature, être enfin nous-mêmes sans-tabous-ni-préjugés-ni-ordre-culturel-limitant, nous pourrons enfin avoir un peu de paix intérieure et l’ offrir autour de nous. S’aimer soi pour aimer le monde, en somme. Ce n’est pas se résigner mais c’est trouver l’action juste, un peu comme dans le non-agir du taoïsme qui est si intelligent et subtil. Nous n’avons pas besoin d’être des héros pour nous brancher sur la force de l’arbre bien aimé et admirer un vol de grues cendrées qui suivent le vent au lieu de lutter contre lui comme des malades.

Alors, puisque tu t’aimes enfin, tu es libre comme le petit enfant et tu peux chanter sous la pluie ton amie.. Tu fais moins de mal à la nature puisque ton corps l’habite et qu’elle habite ton corps. Tu peux tendre la main à la patte poilue : viens, n’aie plus peur, je suis comme toi, je vis sur la même terre et je regarde le même soleil. Des esprits malins m’ont dit que c’était con et simpliste, pure utopie, mais moi j’y ai trouvé du réconfort et je me suis sentie plus féérique que ces esprits négatifs.Nous sommes notre façon de réfléchir :  nous pouvons devenir magiques.

C’est simple et bien vrai. Pensons bien pour ne plus être les victimes du sort d’éternelle souffrance jetée par l’humanité actuelle. Devenons responsables de notre Etre, pour pouvoir accueillir le nuage, la fourmi, l’enfant, l’arbre dans notre essentiel.

 

 

 

 

 

Nature amorale

J’aurais tellement aimé être tout amour. Me nourrir de végétal, ne jamais tuer, me dire zen et aimante. Beaucoup de personnes qui s’efforcent d’être clean sont comme moi.
Puis je me suis rappelée des expériences. Et tout a été effacé. Il me faut donc repartir de zéro : je ne serai jamais pure au sens humain du terme, sainte au sens religieux du terme.
J’aurais beau sauver des animaux, être végétarienne ou autre, respirer en posture zazen , pratiquer la pleine conscience, la communication non violente, la salutation au soleil ou autre, je ne serai jamais ce vers quoi j’aime aller.
Pourquoi ? Question idiote et réponse idiote :

Parce que la vie, la Nature, l’univers n’ont pas la morale créée de toutes pièces par les humains.

J’ai mis un abreuvoir un jour pour que les moineaux, qui souffraient de la sécheresse, puissent vivre. De beaux papillons se sont noyés.

J’ai voulu faire voler un inséparable que je croyais guéri, je me suis plantée, il n’était pas guéri.

Et cela, ce sont des expériences où je suis involontaire. Je ne vous raconte pas tout, j’ai trop honte, je ne savais pas à l’époque. D’ailleurs on ne connait jamais tout ! J’ai fait des erreurs, comme ils font dans les zoos, les réserves, les refuges, etc… Des erreurs qu’on ne montre pas à la télévision, même pour les plus grands professionnels. Jamais irréprochables.

Nous tuons pour vivre, tout le monde le sait mais beaucoup se le masquent : quand nous marchons, respirons, prenons un médicament, mangeons de la salade, etc…Quand nous conduisons une voiture, utilisons un ordinateur, éclairons notre maison, construisons une maison, une route, une église. Le nucléaire, le jardinage, la lessive, tout tue. Des milliards de petits êtres vivants meurent sous nos pas. Dans les phares de nos automobiles…Dans notre ventre quand nous digérons. Les planètes, les galaxies, les météorites, tout tue ou est tué. L’univers est la plus grande matrice et le plus grand cimetière que j’ai l’honneur de connaître. Yin Yang. Et le centre.

Les religions et les philosophies vous parlent d’amour et de compassion, certes, et il faut les écouter, quand ce n’est pas idiot. Une grande sainte indienne embrasse à tour de bras des millions de personnes, mais pour aller faire une conférence à Paris, elle prend l’avion, elle pollue, des animaux volants sont en danger… Elle est Amour mais elle a aussi ses limites.

Je n’ai plus trop de morale, sinon celle-ci : faisons du bien mais restons HUMBLES. Si tu donnes une leçon à un type qui s’empiffre de saucisson, sache que tu vas tuer un hérisson demain en prenant ta foutue bagnole, sans le voir peut-être. RESTONS HUMBLES.

Autre éthique personnelle : pour trouver ce foutu amour dont les meilleurs rêvent, il faut d’abord être en phase avec l’univers, accepter ce qui est, faire allégeance à la Nature. Non, nous ne pourrons jamais être tout amour, parce que la violence, la haine, la mort, le combat font partie de toute vie. Si une météorite fonce sur la terre, elle peut anéantir des dinosaures antédiluviens. Notre meilleure façon de trouver un peu de bienveillance : lâcher prise sur notre ego et enfin accepter la Nature TELLE QU’ELLE EST . L’homme parle tout le temps d’amour et, au final, il a fait plus de mal que le plus prédateur des tigres.

Si je devais résumer cet essai, je renouvellerais ce mot : HUMILITE.

Et je le hurlerai au centre ville : HUMILITE. Ce faisant, je ne serai pas humble ! Soupir !PS : Pour ceux qui culpabilisent facilement, comme moi, cela ne sert à rien. Il faut continuer de progresser en tirant des leçons, les grands philosophes sont d’accord avec moi.

 

 

 

 

 

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YOKO ET MOI TOUT PETITS

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Les copains de Yoko en action

Les plantes sont intelligentes et sensibles

Dans le journal Inexploré n° 29, Réjane Ereau parle du guérisseur Pierre Capelle qui organise des séances de guérison, mettant des êtres humains en tête à tête avec des arbres. (« L’arbre, fruit de guérison »). Le grand Claude Lévi-Strauss (La Pensée sauvage) renoue avec les peuples dits primitifs qui voyaient du sacré dans la nature. »Pratiquer la pensée sauvage », le livre d’Elisabeth Horowitz, confirme mon intuition que nos amis végétaux ne sont pas des bibelots, eux qui payent un si lourd tribut à notre humanité irrespectueuse et imbue d’elle-même.

Francis Hallé, Botaniste et biologiste, est l’auteur de « Plaidoyer pour l’arbre ». Il raconte que les plantes voient dans l’infrarouge par des capteurs de longueurs d’onde. Etc, etc…Partout, des chamanes écoutent parler les symboles de l’univers et revisitent notre monde. Pour ma part, j’ai pleuré lorsque quelqu’un a abattu mon ami cyprès. Les pics délogés ont dû venir habiter chez nous.

Je ne mange pas de chair animale mais je respecte le végétal que je tue pour me nourrir. Ce peuple pourrait aider la planète à se régénérer si on plantait des arbres par milliers, alors que 46 % d’entre eux ont déjà disparu depuis l’avènement de notre espèce.

Quand est-ce que nous changerons notre regard sur le monde, maintenant que la science commence à nous montrer la réalité des ondes et des vibrations autour de nous ? Quand est-ce que nous serons à la hauteur de l’idéal d’amour que nous prônons sans cesse ? Quand est-ce que nous dirons merci aux plantes pour les bienfaits rendus, ne serait-ce que parce que nous les tuons pour vivre ? Cessons de dire : « Il ou elle ne souffre pas, je peux en abuser », à tort et à travers   : réfléchissons aussi par nous-mêmes.

Nous avons été manipulés par une culture consumériste, il serait temps de faire amende honorable : Merci la plante, merci l’arbre.

 

Pour communiquer entre nous : suite de l’effet papillon

Je vous rappelle que vous pouvez nous joindre par mail ou par facebook. Nous signons des pétitions tous les jours contre la maltraitance animale. Notre siècle atteint des sommets à ce niveau. Pour continuer d’être informée, j’ai dû me motiver grave ! Ce matin, des milliers de dindes privées de ventilation, mortes lentement de surchauffe dans un élevage. (fugier.anny@bbox.fr) Je ne vais pas tout mettre sur facebook, j’en reçois tant, on nous fuirait. Si vous êtes intéressés par une participation pour dénoncer ces monstruosités, donnez-moi votre adresse mail, vous serez dans nos contacts. J’en ai déjà énormément.

Rappel : nous voulons être des samouraïs pacifiques, pas d’insultes. Ne nous abaissons pas. Montrons l’exemple : effets papillons.

 

L’effet papillon

L’Ethique de la Voie de l’Hirondelle. L’effet papillon.
“Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au texas ?”
Notre minuscule association, que nous tentons de développer après une période de transition, ne se contente pas de protéger et d’accueillir parfois des animaux, sur une réserve écologique de trois hectares. Nous avons aussi une vocation éthique, pour donner un nouveau sens à la vie humaine.
Nous tentons de concilier divers courants qui aident les êtres vivants, qu’ils soient végétaux ou animaux.
Vous n’ignorez pas que notre société va droit dans le mur, entrainant avec elle plein d’innocents, si nous continuons notre surconsommation effrénée, employant de beaux mots pour cacher un profond mépris envers le reste de la création.
Nous sommes formatés, voire “lobotomisés” (Par exemple, élevage industriel, pesticides…).
Nouvelle conscience : A l’instar de Richard Brodie, je crois qu’un « gène social » se propage, un mème qui peut révolutionner une culture.
Actuellement, pour rappeler Ruppert Sheldrake, il serait bon que la pensée humaine soit “contaminée” par un champ morphique différent : l’union à l’Infini ; sans doute la science va-t’elle aller dans cette direction pionnière.
Tout ce qui fait réfléchir et penser par soi-même est bienvenu pour retrouver un peu de sagesse naturelle.
De nombreux libres penseurs se lèvent, qui prônent un autre mode d’existence.
La notion de doctrine doit être revisitée. Etre un passeur de concepts et d’actions ne signifie pas être un coach de plus.
Chacun(e) peut être selon sa conscience personnelle. L’art de vivre demande une synthèse de diverses évolutions. Par exemple, j’aime la PNL mais aussi la non violence végétarienne de Gandhi.
Mes propres recherches sont le fruit d’un travail intérieur, suite à de nombreux soins prodigués à des oiseaux de l’association, la plupart mourants. Il fallait trouver un nouveau sens à ma vie.
Je suis anti-spéciste, je respecte autant l’herbe que l’étoile ou l’homme. Même si je soutiens l’altruisme pour mes semblables !
Je tends vers le véganisme, qui me parait nécessaire pour sauver l’humanité, mais je sais que nous devons tuer pour vivre : l’herbivore mange le végétal, par exemple, la bactérie travaille pour nos intestins, etc…
Diverses questions se posent donc :
-“Poussière d’étoile”, tu te définis ainsi?
– Voilà, oui. Je n’aime pas les dogmes, même si je m’applique à suivre une éthique, une morale, une ascèse (ne jamais se prendre pour une élite, car nous sommes tous des pollueurs à notre niveau). Je pratique le yoga, la méditation, la pleine conscience, la communication non violente, perpétuelle éleve en devenir.
– Tu t’es réconciliée avec la religion alors ?
– Ah non, ou alors, ma reli-gere, c’est l’éternel univers, cet éternel Big-Bang, le Tout dans l’Unité du vivant.
– As-tu des maîtres ?
– Ils sont variés. Je t’en cite dans le désordre, toutes époques et croyances fondues dans l’éternité de la Vie : Cela va de Konrad Lorenz, Nikolaas Tinbergen, Jean-Marie Pelt, Pierre Rabhi, Hubert Reeves, Yves Paccalet, Jane Goodall, Dian Fossey, les protecteurs en général, Sénèque, Marc-Aurèle, Krishnamurti, Shantideva, Nietzsche, Spinoza, le Dalaï-Lama, Matthieu Ricard, Alexandre Jollien, André Comte-Sponville, Marc Halévy, Lao Tseu, Léon Tostoï, Marguerite Yourcenar, Albert Schweitzer, L’abbé Pierre, etc…
– Il me semble qu’on peut réunir tous ces penseurs dans une logique…
– Oui. Nous y sommes : je résume cette voie :
Pour ma part, je suis moniste. Je dirais panthéiste dans le sens où tout est relié et interdépendant, issu de la même source : la Terre dépend de l’univers, le ver de terre dépend de cette dernière, l’arbre, l’homme aussi. Sur l’humus pousse la fleur.
Le concept de hiérarchie me semble exacerbé chez les humains ; la dualité de certains grands philosophes, qui dissocient le corps de l’esprit, l’homme de l’animal, ne me convient pas.
La quête de sagesse naturelle parle d’évolution pour tout le monde !
A l’instar des peuples primitifs, nous participons à l’oeuvre collective.  Je trouve l’animal humain trop orgueilleux et égocentrique. Il me semble qu’une philosophie altruiste pour tous les règnes changerait la face du monde petit à petit…
Bienveillance :
– Alors, tu parles de compassion, d’empathie, de respect toi aussi : rien de nouveau.
– Certes. Mais j’ajoute qu’il y a urgence à réformer notre manière d’être car les peuples animaux et végétaux sont nos martyrs, l’humanité surpeuplée ne pensant qu’à son nombril.
Le petit caillou, la fleur sauvage, “la mauvaise herbe”, l’étoile du ciel, l’insecte mal aimé, l’enfant violé trouvent en moi leur alliée. L’Hirondelle sauvage est mon principal mentor.
– Te sens-tu décalée ?
– Non, car j’ai cité de grands sages qui vont dans cette direction aussi.
A ce sujet, je sais que certains n’aiment pas quelques uns de ces philosophes en action : je respecte leur liberté de penser. Je me doute que le saint parfait n’existe pas.
Mais attaquer Nicolas Hulot et la Cop 21 difficile, par exemple, ne fera pas non plus avancer le convoi, déjà tant ralenti pas le non-amour.
Idem pour de grands catholiques très critiqués, qu’il ne faut pas juger, car dans la balance, pesons le bien accompli face au mal accompli, notions que le taoïsme dépasse avec jubilation, comme moi d’ailleurs ! Se retrouver dans l’abandon des sentences toutes prêtes.
Pour conclure, je dirais que je me suis plongée dans le “dieu” de Spinoza et des anciens ou des païens : un “athéisme” de réconciliation avec le monde, visible et invisible. Tel qu’il est et non comme Homo non sapiens voudrait qu’il soit.
Pacifisme raisonnable : telle est la ligne de conduite des nouveaux libres penseurs, qui se doivent d’être positifs. Qu’on ne compte pas sur moi pour critiquer ceux qui essaient de faire du bien.
Si, aujourd’hui, vous avez sauvé une mouche de la noyade, ou bien souri à un gamin, vous faites un petit pas de plus en avant. Ce n’est pas de l’amour de pacotille, ni de la pureté exagérée, c’est une forteresse d’égoïsme qui s’effondre pour qu’on lance un immense défi au monde actuel, raciste pour les espèces non humaines.
Et si on portait un autre regard sur le monde ? Un regard d’insecte par exemple ? L’effet papillon résume la phrase en tête de ce texte,  exprimée en 1972 lors d’une conférence scientifique.
Soyons tous des lépidoptères sur les fleurs de l’altruisme total.
Anny des Hirondelles
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YOKO ET MOI TOUT PETITS

Nouvelles de janvier 2016

 

Bonjour chers ami(e)s,

Cela fait trop longtemps que je n’ai pas écrit sur le site de la Voie de l’Hirondelle. Je vous prie de me pardonner. Ma petite mère très âgée est seule à Lyon et je vis en Charente ; je vais la voir souvent et cela prend beaucoup de temps et d’énergie. Je tache ces jours-ci de reprendre un peu la paperasserie de l’association en mains, aidée par des amis chers : Jean-Pierre, Babette pour les anciens, Khatia pour les nouveaux : certains aident aux volières, aux chiens, d’autres sur facebook , que nous essayons de mettre en place.
J’adore écrire mais vraiment, je n’avais plus le temps, d’autant que je signe des pétitions pour la nature très souvent par ailleurs sur internet.

Donc, petit à petit, je vais m’y remettre.
Nombre de nos vieux oiseaux sont morts ces mois-ci, j’ai eu des chagrins fous. Titine la chienne de la SPA aussi… Notre vieux cheval Sultan tient bon et a reçu des soins, ainsi que la chèvre Pépita, récupérée en batterie. Nous les faisons profiter au maximum de leur fin de vie.
Notamment le colley Wooky, 17 ans au compteur environ, qui m’a sauvée il y a 15 ans, venu de la zone…

J’essaierai de vous en reparler petit à petit.

Pour ma part, j’ai beaucoup étudié la philosophie, les sagesses de toutes cultures, pour supporter les décès nombreux auxquels je n’étais pas préparée psychologiquement et cela m’a vraiment aidée à faire face à cela. La mort est le sujet crucial de notre humanité en fait, inutile de se leurrer. Il m’a fallu l’affronter de face.
J’ai particulièrement aimé « Trois amis en quête de sagesse », livre co-écrit avec Matthieu Ricard, Alexandre Jollien, Christophe André. On y parle d’acceptation de ce qui est, mais aussi de liberté intérieure, de bienveillance, de paix, mais en toute ouverture.

(Etre bienveillant est une sacrée école quand on affronte des monstres, ça ne veut pas dire se résigner mais extirper la violence de son cœur.)
Etant du style panthéiste, cet ouvrage m’a bien convenu.

Moniste, je vois l’univers comme un tout dont nous sommes partie prenante. Cela renforce la pensée qu’il s’agit de communier avec la nature et les êtres au lieu de tout contrôler et saccager.
Je vous en reparlerai si ça vous intéresse.
Je pense à vous tous, qui soutenez notre mouvement de quête de pureté et d’amour, notre combat qui n’en est pas un, et vous embrasse toutes et tous très fort. Caresses à vos animaux et à vos arbres aussi si vous en avez.

Bien sincèrement,
Anny des hirondelles.

Pardonnez nos retards, nous revenons.

Veuillez pardonner nos retards. Nous n’avons pas parlé de notre Assemblée Générale de Juin, ni des animaux recueillis cet été, des oiseaux soignés dans la maison de retraite pour eux, des anciens qui sont morts, de la petite chienne enceinte qu’on a abandonnée ici et qui a mis bas une jolie petite avant de mourir deux mois plus tard, une fois sa fille sevrée.
On l’a faite adopter ensuite, Jappy.
Nous sommes accaparés par la maison de retraite des perruches surtout.

J’ai perdu mon papa le trois octobre, il donnait à de nombreuses associations et était un secouriste chevronné, cela aussi m’a mise très en retard mais je m’efforce de rattraper un peu.
Nous tenons un stand ce weed end du 27 décembre dans le 87, voir article spécial.

Nous reviendrons, croyez que nous nous démenons beaucoup pour aider la faune et la flore mais nous sommes très peu nombreux et la tâche est immense. Nous tentons de sauver avant tout, et ceci explique pas mal nos difficultés à être à jour.

Bien sincèrement à vous,

Anny