La Voie de l'Hirondelle

Protection de la nature et transmission d'une expérience.

Archives de Catégorie: Portraits d’animaux

nos chevaux âgés

Imagenos chevaux

Voici Sultan, très âgé, qui souffre d’une faiblesse du train arrière et Cétoune, la grande, soignée avec des médecines douces pour un emphysème. L’été, on protège les yeux des mouches.

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Jolimai et la grande intelligence des oiseaux

Vous savez que nous avons environ 70 oiseaux, les nôtres anciens et plein de recueillis.
Jolimai que vous voyez fait partie de notre joyeuse troupe.
Dans la maison, le soir, nous lâchons et faisons voler ceux qui ne sont pas handicapés et qui veulent sortir de leur cage ou
volière sur roulettes. Inséparables à tour de rôle, calopsittes, tourterelles, perruches ondulées se rencontrent au sommet de leurs demeures, sur nos perchoirs suspendus au plafond, sur la table et s’amusent. Ils adorent ce moment.
Quand l’heure est venue, je dis : « au lit, on rentre » et tout le monde va se percher sur sa volière respective. Puis tout le monde rentre, qui dans la cage des ondulées, qui dans la volière des inséparables, etc…
C’est époustouflant, ils mettent, quand ils sont nouveaux venus et ne connaissent guère notre cuisine-salle-à-manger, un jour ou deux seulement pour retrouver une petite porte minuscule au milieu d’un amas de mangeoires, de grillage, de perchoirs…
Nous savons que les scientifiques font des expériences sur les pieuvres, qui retrouvent leur chemin après avoir vu seulement une fois un itinéraire qu’elles ne connaissaient pas. On a donc dit que les céphalopodes sont prêts à conquérir la planète après l’espèce humaine.
Franchement, si un éthologue venait observer nos oiseaux chez nous les soirs d’envol, il dirait que l’adage « cervelle d’oiseau » est complètement stupide. Moineaux, mésanges, hirondelles, etc… font tous preuve d’une mémoire prodigieuse, d’un sens de l’opportunité providentiel, d’une malice hors normes.
Nous aimerions que l’humain orgueilleux remette en cause bien des idées préconçues et revisite un peu sa façon de penser.
Si une libellule, par exemple, a su traverser les ères pour parvenir jusqu’à nous, ce n’est sûrement pas un signe de sottise.
Affirmer que l’animal est dénué d’intelligence et de sensibilité, par contre, est grossièrement faux.

Coucoule retrouve la liberté le 9 mars 2014

Le rideau se lève sur le monde des hommes.
Premier acte : On nous l’a apporté il y a deux mois environ. La dame qui l’a trouvé lui a enlevé une énorme tique qui lui suçait la tête et allait le tuer. Il était quasiment mourant. On l’a bien désinfecté, le trou fermait l’œil dessous.
Nous l’avons mis dans une cage, parce que toutes nos volières sont déjà occupées ; nous avons recueilli plein d’oiseaux.
Coucoule a donc rejoint les autres plumes de la pièce commune, manquant de place, certes, mais il fallait d’abord lui sauver la vie.
Deuxième acte : Coucoule convalescent. Nous le faisons voler dans la maison, fenêtres fermées, avec Petitbedon, autre tourterelle sauvée tout bébé. Malheureusement, ce sont deux mâles. Il faut donc les séparer. Je commence à m’y attacher ; il revient de loin, il a peur ; je le regarde peu, il faut qu’il reste sauvage.
Troisième acte : Coucoule est guéri. Il fait un temps trop épouvantable pour le remettre en liberté. Nous devons attendre. Ne pas s’y attacher, tu es un être libre, bel oiseau gris. Il te reste une cicatrice sur la tête, toute petite, indiquée par une minuscule plume dressée.
Quatrième acte : Le climat change et le printemps est très en avance. Alors on te met dehors, dans ta cage, pour que tu repères les lieux : le pré où nous nourrissons les oiseaux sauvages : espace dégagé où l’on voit les chats et les faucons arriver de loin, en principe. La nuit, on te rentre, mais dans une pièce plus fraîche. Le dernier soir, je te laisse avec les autres au chaud, que tu te reposes un maximum, car l’épreuve de l’extérieur ne sera pas une mince affaire : la nature ne fait pas de cadeau aux faibles. Tu devras être fort, petit prince.
Le rideau se ferme sur le monde des hommes.
Dimanche 9 mars : Après toute cette transition, de repérages des lieux pour toi, près des autres tourterelles sauvages qui mangent non loin, nous posons la cage dans le pré et nous enlevons le fil de fer qui la tient fermée. Lentement.
Le temps est magnifique. Il est 13 heures.
Le rideau s’ouvre sur le monde de la nature.
J’ouvre la cage. Tu as bien mémorisé les lieux, tu es intelligent. Tu t’envoles de suite.
Tu vas d’abord te percher sur un poteau et tu regardes. On observe toujours avant de s’élancer dans l’espace. Longuement, posément, calmement : zénitude. Tu voles sur un autre poteau. Regarde. Respire, prend la mesure des choses. Puis tu voles sur la clôture plus loin et :
Miracle : Venue de nulle part, venue du ciel bleu, une tourterelle vient sur toi, t’enlève littéralement dans son énergie et te transporte vers le taillis voisin : ô joie.
D’où est-t-elle surgie, cette alliée qui te montre le chemin de sa liberté, de son amour, c’est la saison des amours ?
J’en pleure : il y a des beautés qui vous enlèvent au monde littéralement, qui vous secouent autant qu’une immense souffrance, qu’un deuil soudain. Des beautés qui chantent comme un jour de mariage.
Ces deux oiseaux gris-bruns restent dans le petit bois, saisissant l’instant présent : animaux libres loin des hommes.
Nous les regardons à la jumelle et ils s’envolent vers les grands chênes centenaires aux bras grand’ouverts.
Je me couche sur la terre, j’avais peur que tu sois seul, mais elle est venue, une amie.
Tout l’après-midi, j’essaierai de te revoir dans les visages des autres tourterelles des bois qui picorent dans ton pré.
Je chercherai la petite plume en désordre sur une tête. Mais la distance complique cela.
Alors je te verrai dans toutes les tourterelles libres.
C’est un immense bonheur, même si les restes d’un oiseau de ton espèce ont été trouvés ce matin, dévoré par un chat :
l’universel théâtre du monde sans fin.
Tu m’as un peu regardée avant de t’envoler, tu n’avais pas trop peur de nous, merci pour ce regard.
Coucoule est libre.
coucoule

yoko, un de nos messagers

yoko, un de nos messagers

Yoko est un des clowns soleil de notre troupe. Nous sommes 4 : Ity, Hélia, Yoko et moi.
Je laisse parler les petits pour notre association.
Non, ils ne parlent pas le langage des hommes : c’est aux hommes d’apprendre leur langage.
Non, ils ne font pas de tours de cirque, ils font ce qu’ils veulent ou presque :
ils ont pour mission de monter sur toutes les épaules qui veulent bien les accueillir.
Ils vont sur les grandes épaules, les petites épaules, les adultes, les enfants, les gentils
humains, les humains sceptiques, ils vont partout où on veut bien leur ouvrir un cœur.
Ils disent : « Nous sommes affectueux. Ne massacrez pas nos peuples ».
Ils disent les choses mieux que moi, dans leur langage si simple et clair.
Ils ne font pas de violence, pas de grandes phrases.
Ils disent un autre regard sur le monde.

Quand Silver volait avec Tutti Frutti, Sunday, et les autres…

Quand Silver volait avec Tutti Frutti, Sunday, et les autres...

Vie

“La naissance et la mort appartiennent également à la vie et se tiennent en équilibre comme condition l’une de l’autre (…) comme les pôles du phénomène global de la vie”.
Arthur Schopenhauer,  grand philosophe ami des animaux.
Et : “Là où il y a volonté, il y aura aussi vie et monde”. (Même auteur)
 
Je me suis envolé cette nuit. Je m’appelle Silver. Je suis un inséparable handicapé grave. Je suis  mort d’un hématome énorme qu’on n’a pas pu soigner car je suis trop petit pour
être ponctionné.
Je me suis battu une partie de ma vie car j’avais une patte accidentée. J’ai alors eu la joie de rencontrer mon amie Sunday, une inséparable couleur d’or, qui me soutenait
de son corps pendant que je rééduquais mon membre blessé. J’ai vécu ainsi plusieurs années et “elle” ouvrait notre petite volière d’appartement tous les soirs et je volais
avec les autres, comme les autres, même si je n’allais pas très loin. Elle a compris que j’étais un samouraï, un prince, un stoïcien oiseau.
Puis un jour, je suis tombé et je me suis fracturé l’aile. Je me suis encore attaqué à ce problème avec une force d’âme puissante et des humains m’ont aidé, m’ont donné
des médicaments, m’ont fait des compresses. Cette nuit, je suis parti avec d’autres ailes voir d’autres oiseaux ; je vis encore car je suis devenu un symbole de vie. Je vis.
Elle a profondément regretté de m’avoir fait voler avec ma patte malade, elle s’en voulait, alors je suis devenu pour elle une petite lumière intérieure et je lui ai dit : “ne t’en veux
pas, je voulais voler envers et contre tout, mourir ne m’a jamais inquiété, tu as bien fait de me traiter comme un bien portant”.
Elle a voulu mettre mon témoignage sur ce site, pour dire que la mort n’existe pas ; on vous parle de vide sidéral, mais moi je dis qu’il y a de la vie même dans des atomes,
même dans des trous noirs, que l’énergie est partout.
Je suis Silver, un amour d’inséparable, un exemple de courage.

Chanty et Hélios en photo

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Hommage à notre petit clown du spectacle pour enfants

AU PAYS DES PETITS CLOWNS, J’IRAI

“Légèreté de l’oiseau qui, pour chanter, n’a pas besoin de posséder la forêt, ni même un seul arbre” . (Christian Bobin)

– Mon petit coeur, comment te raconter quand le mien n’arrive plus à s’ouvrir à la vie ?

– Alors, écoute ma chanson soleil. Tu m’entendras chanter toute ta vie.

– Comment ?
-“Toutouloulou, toutouloulou, toutouloulou, toutouloulou, twi twili, twi twili “.
– Hélios, tu chantes ! Je t’entends chanter ! Mon tout petit, tu chantes !
– Dans mon nouveau pays des petits clowns soleil, on vit aussi, tu sais …

“Il faut donc que je fasse quelque chose de ma blessure, que je comprenne, que j’en fasse une oeuvre d’art, un roman, que je milite. (…) Je crois que les résilients doivent
trouver des combats, des engagements” (Boris Cyrulnik : La Résilience).

Toutouloulou : il s’appelait Hélios. Soleil. Parce qu’on l’avait trouvé très malheureux dans une animalerie et que c’était le jour du solstice d’hiver.
On avait craqué ; on l’avait acquis, il nous avait conquis.
Il est resté, au début de son arrivée, prostré, toute petite chose, toute petite chose, dans notre pièce commune, aux oiseaux et à nous.
Et puis il a irradié le bonheur, la joie de vivre et encore le bonheur ! Il était la joie à lui tout seul dans son costume de plumes blanches, jaunes et grises.
Perruche calopsitte, il nous a enseigné, il nous a transmis, il nous a éduqué.
Tu es devenu ma drogue de douceur heureuse.

C’était Noël, les boules l’attiraient, il les emmenait par le petit bout qui dépasse, vous savez ? Il tirait sur les guirlandes et les papiers d’argent et d’or des papillotes.
Emerveillance. La marrade. Ce qu’il était drôle, oh la la ! A petits pas sur ses menues patounes finettes, il arrivait et zou, emmenait le jouet.
Parfois, en marchant, il sautait en l’air : un petit saut d’oiseau bonheur : “ouh, je suis content ; ouh, je suis content !”.
Cela vous arrive-t-il, à vous, de bondir de joie sans raison, comme ça, par amour de la vie ????????
Déjà, j’ai su que c’était un grand sage doublé d’un sacré philosophe courage.
Un ange d’innocence : le bonheur pur.
Mais qui savait aussi se défendre ! Bing, un gentil petit coup de bec si ton doigt je ne veux pas.

-“ Hélios ………………”

– “Hélios ………………”

Champion des imitations, il apprit le chant sur trois tonalités bien précises de Ténor et Chanson, les deux calopsittes mâles que nous avions sauvés du trottoir.
Puis il se lança dans les toui touilili touitouili, de Tako, l’oiseau ami d’une petite fille qui nous visite souvent.
Tako parti, notre Hélios nous le rappelait : il avait enregistré son vocable, il élargissait sa culture.
Vous prenez les oiseaux pour des cervelles d’oiseaux, vous vous trompez !!!!! Ils apprennent, ils imitent, ils ont des codes sociaux complexes.
Hélios est mon gourou de bonheur.

– “Tu me manques, tu me manques … Je n’y arrive plus, c’est vide, le monde est vide sans tes sauts de joie…”

– Alors chantez !

Il était la légèreté de l’être, la grâce, la délicatesse dans une âme forte. Il apprenait vite, ( il savait peut-être qu’il ne vivrait pas vieux ?)
Il était , tu étais si léger, léger, dans ta tête, dans ton corps… La légèreté est une telle grandeur, un tel paradoxe : le monde appartient à celui qui la cisèle.
Tout ce qu’il faisait était aérien, non pas parce que c’était un oiseau clown, mais parce qu’il savait déjà la vie.
A petits pas, il nous montait dessus et nous jouions au “petit navion” : on soufflait avec les lèvres dans un bruit pétaradant et l’oiseau rieur de déployer
ses ailes blanches et grises, de mettre sa tête dessous et de se tordre de rire : tu étais la vie, tu étais la vie !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Qu’est-ce qu’on a pu rire ! Avez-vous déjà ri souvent avec un tel petit artiste clown ? Tu picorais les moustaches de Jean-Pierre et on se marrait, on se bidonnait.
Tu riais aussi à ta façon héliosienne. Tu étais magnifique. Nous t’aimions.

Tu tombais en pâmoison devant Ity, notre Ity mascotte, petite fille calopsitte. Tu la suivais partout, un peu nigaud, garçon énamouré.
Mon amour !
Tu montais sur les personnes qui venaient dans notre association voir nos éclopés et tu piquais les boucles d’oreilles, tu chantais à tue-bec.
Et l’on riait encore.

-“Tu étais tellement mignon …”

Quand tu t’installais sur un perchoir en liberté, après qu’on t’aie récupéré sur le nez, long nez du colley, tu te lançais dans tes vocalises.
Bonheur.
Et alors là, tu étais inouï, une exception faite oiseau, un créateur : tu chantais, tenez-vous bien, la tête sous une aile, et une patte en l’air, dans un équilibre précaire…
Regardez : je déplie mes doigts, je replie mes doigts : c’est magique !
Délicatesse. Elégance. Raffinement.
Tu étais tout simplement merveilleux.
L’élégance est la richesse suprême.

-“Je me rappelle…”

Qu’est-ce que tu as pu nous faire rire !

Un an après, tu es parti. D’une longue maladie. D’un combat qui a duré 5 semaines. J’ai beaucoup cherché, on a vu un vétérinaire spécialisé, fait une radio,
on a eu le temps de se battre … Les derniers soirs, la tourterelle Chanty, adoptée depuis 9 ans, venait te tenir compagnie sur ta petite mangeoire, sous une lampe à infra rouges.
Au début turbulent, puis tout doux, comme si la colombe mâle comprenait… Tu n’avais plus de forces ; on essayait les médecines douces, on essayait tout, on ne pouvait pas, on ne pouvait pas,
je ne pouvais pas te laisser partir, pas toi, pas toi, si jeune…

La veille de ta mort, suprême élégance, tu emportais avec toi, facétieux, une touche d’ordinateur chez des amis, ce qui était ton jeu favori…
(La vitesse hallucinante à laquelle tu nous embarquais F1 F2 F3 F4 F5 F6 et bien dans l’ordre… bon sang !)
Tu allais mourir et tu jouais encore,

TU ETAIS L’ELEGANCE MEME, HELIOS, petit guerrier de la vie …

Nous allâmes dire adieu à tout, à Ténor et Chanson, à l’arbre aux oiseaux… Je te laissais doucettement endormi à minuit, sous ta lampe rouge et à trois heures aussi…
Le 20 janvier. Et à 5 heures, tu étais devenu mon petit mentor du ciel…
ADIEU L’ARTISTE ! Le lendemain, 21, nous devions animer dans notre association (“la Voie de l’Hirondelle”) un petit spectacle pour enfants, où nous parlions de protéger les oiseaux
aux 5 ans et aux mamans…
Et le petit clown, devenu soleil, donna son nom à la troupe effondrée : moi, Ity et Yoko, artistes en deuil…

Ce sera la troupe des petits clowns soleil et nous continuerons pour toi, sous ton égide lumineuse.

– “Hélios, tu nous manques”.

Chantez, gens tristes, grincheux ; chantez, enfants larmoyants ; chantez, éclopés de la vie ; chantez car un artiste élégant nous a légué son courage léger.

Nous continuerons : nous sommes les clowns soleil et nous parlons de protéger les oiseaux partout.

Hélios, Hélios, mon amour, mon si grand amour de 64 grammes, tu chantes avec nous :
Toutouloulou toutouloulou et siffles de nouveaux airs, que t’ ont appris les anges clowns du pays soleil.

Anny, élève d’Hélios, artiste-clown. Coach d’une sagesse oubliée des humains.

PS : Hélios, tu as sauvé la vie d’une perruche calopsitte qu’on nous a apportée, mourante, cet été.
Elle n’arrivait plus à manger et à boire, perdue au fond des bois.
Nous t’avons mis avec la pauvre petite et tu lui as gentiment bécoté le cou
avec tout ton amour :
tu l’as ressuscitée ! Cœur Vaillant a repris le goût de vivre de suite après ton baiser.
Rien que pour cela, tu mérites d’être entré dans notre légende,
la légende des petits clowns de la Voie de l’Hirondelle.

Non aux oiseaux EAM en animaleries ! Premier hommage à notre ange parti bien trop tôt.

Personnellement, je refuserais de vendre un oiseau élevé à la main en animalerie : Déjà que nous ne faisons qu’en recueillir, alors on ne va pas en vendre !

Ces oiseaux demandent une véritable attention. Il faut s’y connaître. Eleveurs, ne faites pas d’argent sur le dos de ces petits innocents. Nous avions acheté une perruche calopsitte, Hélios, pour le sauver d’une animalerie, où il était vraiment très malheureux, loin des siens, séparé de son frère. Un oiseau imprégné par l’humain est plus vulnérable qu’un autre, sa psychologie diffère.

Ce petit ange merveilleux est mort un an après, malgré un combat acharné contre la mort. Nous en reparlerons plus longuement.
Nous faisions avec lui et les deux autres, Ity et Yoko, un petit spectacle pour enfants destiné à faire protéger hirondelles et autres oiseaux. Il était notre petit clown. Son envolée nous laisse meurtris et terriblement choqués, car nous avions tout mis en œuvre pour le soigner, radio y compris chez un spécialiste des N.A.C.

Egalement, cette manie de vouloir créer des mutations de couleurs avec des parents plus ou moins consanguins, nous la dénonçons très fort. Hélios était lutino panaché, et un kakariki venue d’animalerie dans les mêmes conditions, mort après 5 mois, Kirikou, était lutino, de taille anormale. Mais laissez donc un peu la nature nature au lieu de la fragiliser !

Nous avons eu beaucoup de morts, en avons sauvé beaucoup, nous préparons une lettre d’information, excusez nos retards, nous soignions et tachions de sauver un maximum. Nous étions sur le terrain, comme on dit dans notre milieu…

Hélios,  artiste clown à plumes, mon ange, mon petit, mon amour, mon immense amour, j’écris ces lignes car tu nous as légué ta grâce forte, ton amour de la vie, ton humour et nous allons te consacrer un vrai article, ô petit sage !

A toi, mon petit ange, à toi. Je t’aime.

Krikou (photo en attente)

Nous regardant, nous attendons patiemment que le temps suspende son vol, comme dit le beau poète.
Krikou, tu as été parfait tout au long de ta vie, parfait, je n’ai aucun autre mot pour dire Cela.
Tu as été merveilleux tout du long, le peu que tu es resté avec nous.
Tu as une classe folle, physiquement et de caractère, un standing éclatant. Tu t’endors dans tes longues plumes dorées qui te font coussin.
Je te caresse la nuque comme le font les oiseaux entre eux, qui s’aiment.
Je t’imite le cri du kakariki : kikiliki, gling gling gling, kikriki, je fais de mon mieux.
Je veux aussi te dire, avant que tu ne t’envoles chez le Grand Kakariki d’or,
que j’ai honte de l’espèce humaine, qui fait de l’élevage consanguin, crée des oiseaux fragiles. Si beaux mais si fragiles, les enferme et les vend comme si c’était des bibelots.
Je dis ça à toi qui te meurs contre moi, doucement, que je vais combattre cela.
Le faire savoir. Quand tu es venu ici, j’ai compris que mon coeur t’avait choisi,
juste pour t’offrir une mort entourée et non dans une animalerie ou chez des personnes
qui ne comprendraient pas ta noblesse. Ce n’était pas raisonné, je t’ai choisi et je ne crois pas au hasard…
Il existe pourtant de bons humains, qui cherchent à faire le moins de mal possible.
J’aimerais bien faire partie de ceux-là, mais je ne suis qu’un être humain,
et toi tu es un magnifique kakariki qui fait honneur à ton espèce, drapé dans tes plumes
comme dans une cape magique.
J’éprouve pour toi tant d’admiration que je voudrais que cela se voit dans ma vie quotidienne. Je voudrais dire au monde entier que les kakarikis sont, certes, des oiseaux en danger en Nouvelle Zélande,
par la faute de qui vous savez, mais surtout des êtres splendides, faits pour vivre dans la nature.
Si tu le peux, montre moi, quand tu seras un véritable Oiseau, à quoi ressemble ce grand Kakariki. Je ne suis pas croyante du tout, mais là, tu vois, s’il y avait un dieu à honorer,
j’aimerais que ce soit un Kakariki d’or : je voudrais te penser les plus belles phrases du monde. Je ne suis qu’un pitoyable être humain, pardonne m’en, bel oiseau jaune.
Sans doute le temps nous est-il compté, à présent que la journée s’avance, mais au moins,
je sais vous dire les choses quand vous vous en allez, avec le bout de mes doigts ou le bout de mes sons,
je sais m’envoler avec vous.
Je te laisse un moment,  mon ami, voilé des tes ailes et honoré de ta longue traîne, digne et gentil comme ce n’est pas possible
d’être gentil.
D’être gentil.
Je t’aime.